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Budget libéral et souci Humain
Nazim ESOOF
Rama Sithanen intègre, en conséquence, les considérations sociales dans son budget 2006-2007. Il l’a compris. Sans les réformes en profondeur, ce sont ceux qui sont au plus bas de l’échelle sociale qui vont continuer à régler la facture. Et ce serait complètement à contresens des intentions de l’Alliance sociale. Il le fait clairement ressortir au début de son discours. Néanmoins en tant que libéral, il se doit de préciser qu’on ne peut faire de «l’assistanat que pour le plaisir de le faire». Il parle plutôt d’une rationalisation des programmes sociaux qui prend appui sur une croissance constante. «Avec l’ensemble des réformes provoquant une plus grande croissance, la politique générale s’assurera désormais que la hausse des revenus sera partagée avec ceux qui touchent de bas salaires, les chômeurs et les autres groupes défavorisés. Soit tous ceux qui font le plus de sacrifices», estime, à cet effet, Rama Sithanen.
L’essence de la politique sociale du gouvernement se résume à présent au ciblage. Il s’agit donc de réorienter les programmes sociaux vers ceux qui sont dans le besoin. «Est-ce juste que deux tiers des plus riches Mauriciens absorbent plus de Rs200 millions, plus de la moitié profite des subventions sur le riz et la farine? Subventions destinées à alléger le fardeau des pauvres. Comment cela peut-il être juste qu’ils reçoivent aussi trois quarts des subventions sur les frais d’examens du SC et du HSC? De la même manière, comment peut-on encourager un programme d’alimen- tation à l’école connu pour ses gaspillages et ses inégalités ?», demande Rama Sithanen.
31 000 familles bénéficiaires
Le budget prévoit donc de diriger les subsides sur le riz et la farine et le programme d’alimentation scolaire. «A partir de maintenant, ces ressources iront aux nécessiteux», confirme le ministre des Finances. Une partie de ces ressources sera utilisée pour accroître le pouvoir d’achat des nécessiteux à travers une assistance financière et l’autre partie sera allouée à l’Empowerment Programme (voir ci-contre). Si la valeur totale des subsides s’élève à Rs 144 et les programmes d’assistance financière à Rs 50, les démunis bénéficiaient de Rs 194 mensuellement. Le gouvernement entend accroître cette somme à Rs225 à présent. Toutefois, cette somme sera déduite de la facture d’électricité des familles dans le besoin. Selon le ministre des Finances, quelque 31000 familles vont profiter de cette mesure. Aux familles dont la facture d’électricité est en-dessous des Rs 225, le ministère de la Sécurité sociale leur versera directement la différence.»
D’autre part, le plan qui consiste à subventionner à hauteur de 50 % les frais d’examens du SC et du HSC sera aboli. Il sera remplacé par une approche plus ciblée. Seuls les scolaires des familles pauvres en bénéficieront et cela sur la totalité des frais. C’est le ministère de la Sécurité sociale qui prendra en charge les frais d’examens de ces collégiens.
La politique de ciblage permettra, selon Rama Sithanen, d’économiser quelque Rs 350 millions. Cette somme, ajoute-t-il, sera versée à l’Empowerment Programme.
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