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Entrer aux Archives par la grande porte

6 juin 2006, 00:00

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Sa mission est souvent méconnue. Celle de conserver, voire de restaurer, la mémoire de tous les organismes publics et parapublics. Et pour mieux comprendre son mode d?opération : deux semaines portes ouvertes aux Archives nationales. Jusqu?au vendredi 16 juin.

Le chef d?orchestre : son directeur, Gheeandut Suneechur, tout fier de montrer le dernier équipement dont les Archives ont fait l?acquisition il y a tout juste une semaine. Une machine servant à ?combler? les trous dans les documents rongés par le temps. Dans la salle de restauration, un groupe d?élèves du collège Mayflower de Brisée-Verdière. Les mains derrière le dos, ils écoutent les explications du préposé qui tente de simplifier au maximum le jargon technique de son métier. Public ciblé : les élèves de Form V et VI.

?Nous n?avons pas les moyens de contrôler tout le monde, si nous organisons une manifestation grand public.? Prudence de Gheeandut Suneechur qui ne tient pas à voir des mains égoïstes arracher les pages de précieux documents. Car parmi les trésors placés sous sa responsabilité se trouvent des pans entiers de l?histoire de Maurice : l?Acte de prise de possession de l?Isle de France en 1715, portant la signature du chevalier Guillaume Dufresne d?Arsel. Ou encore, un manuscrit du Code Noir datant de 1723, le Témoignage des survivants du naufrage du Saint-Géran (1744), qui a servi d?épine dorsale au roman de Bernardin de St Pierre, Paul et Virginie et l?Acte de Capitulation de l?Isle de France (1810).

Qui décide du transfert des documents des départements publics vers les Archives nationales ? C?est une tâche qui revient au Public Records Appraisal Committee, chargé de juger de la valeur informative des documents, ainsi que de leur intérêt en tant que témoignage de faits.

Interrogé sur les conditions de préservation de ces documents (tous laminés), le directeur des Archives nationales, explique que ?nous sommes aux normes internationales. Nous avons percé des trous dans toutes les cloisons pour améliorer l?aération?. Au mur cependant, pas d?instruments de contrôle de la température ou de l?humidité. Les documents doivent leur salut au micro-filmage, à la gravure sur CD et à la photocopie.

Selon Gheeandut Suneechur, ce sont les recherches généalogiques qui motivent le plus les visites. ?La loi prévoit qu?après 60 ans, les notaires doivent nous faire parvenir les actes dressés par leur étude.? Une tendance qui gagne aussi les familles mauriciennes installées à l?étranger. ?Nous recevons beaucoup de visites d?étudiants en histoire? Des consultations sont accessibles pour la somme modique de Rs 3 par document consulté et Rs 8 pour tout document additionnel.

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