Publicité

L?an II de Villepin

5 juin 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

?Touché?, ?changé?, selon ses propres mots, par les ?épreuves? de ces derniers mois, Dominique de Villepin n?est pas ?coulé?. Le premier ministre, qui a inauguré son an II à Matignon par une conférence de presse à Chartres, a affiché une détermination sans faille. Non seulement il écarte toute ?pause? de l?action gouvernementale, mais il n?entend pas dévier ?du cap fixé par le président de la République : le travail quotidien au service de nos concitoyens?. 11 mois avant l?élection présidentielle, cela reste, à ses yeux, le meilleur moyen de ?nourrir? le ?projet pour 2007?. Le marigot des prétendants peut s?agiter, il tient toujours les commandes !

Il est vrai que, sur le plan économique, M. de Villepin voit se transformer quelques-uns des essais qu?il avait marqués pendant ses six premier mois. La croissance a meilleure mine. Et, surtout, le taux de chômage se retrouve, à 9,3 % (contre 10,2 % il y a un an), au même niveau qu?en novembre 2002. En un an, on compte 210 000 chômeurs de moins. Certes, le retour des emplois aidés, la conjoncture et la démographie ? avec l?accélération des départs en retraite des générations du baby-boom ? expliquent ce bon résultat, alors que les créations d?emplois restent faibles. Mais c?est évidemment une ?performance? que M. de Villepin met à son actif.

Enhardi par cette éclaircie, insuffisante mais réelle, M. de Villepin s?est engagé à ?présenter un modèle social rénové? dans un an. L?engagement pourrait être entendu si le premier ministre n?avait, en quelques mois, dilapidé le capital qu?il avait initialement constitué. Comment espérer convaincre quand on souffre d?un tel déficit de légitimité et de crédibilité ?

Avec les partenaires sociaux, les ponts semblent irrémédiablement rompus : son entêtement à vouloir imposer la réforme du Contrat Première Embauche, au mépris de toute concertation sérieuse et de la loi de 2004 sur le dialogue social, puis sa défaite en rase campagne sur ce dossier rendent surréaliste le pari lancé le 1er à Chartres.

Il n?en est pas autrement avec les Français. Adossé à un président de la République un peu plus discrédité encore par l?amnistie de son ami Guy Drut, englué dans une affaire Clearstream qui n?a pas encore livré toutes ses clés, de plus en plus ouvertement lâché par une majorité qui ne place plus ses espoirs que sur le président de l?UMP, Nicolas Sarkozy, M. de Villepin a vu sa cote de popularité chuter de 25 points en six mois : selon la Sofres, il ne reste plus guère que 20 % des Français pour lui faire confiance.

Avec un tel record de défiance, M. de Villepin a-t-il les moyens de faire autre chose que de gérer les affaires courantes et de faire perdre au pays l??année utile? qu?il lui avait annoncée ?

© Le Monde 2006 Distribué par The New York Times Syndicate

Publicité