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Les gaspillages
A l’heure de la bonne gouvernance, l’utilisation de l’argent des contribuables par les pouvoirs publics est surveillée de près. La lutte contre le gaspillage et la mauvaise gestion financière au sein de l’establishment est un des points forts de la philosophie de discipline budgétaire.
Les finances publiques grêlées par de déficits et des dettes élevées sont en soin intensif. Le ministère des Finances prescrit plusieurs remèdes pour une remise en forme de la santé financière de l’Etat. Parmi ceux-ci, un plan anti-gaspillage pour dégager le maximum de valeur sur chaque roupie dépensée.
Les abus au sein de l’administration publique et dans les agences parapubliques prennent plusieurs formes. Des irrégularités dans l’octroi des marchés publics, des projets mal planifiés, des décaissements injustifiés en faveur des postes peu productifs et inefficients et des abus des biens publics en sont des exemples. Le directeur de l’Audit répertorie chaque année les manquements les plus flagrants dans l’utilisation de l’argent des contribuables.
Le recours aux fournisseurs privés pour exécuter des travaux publics est une source potentielle de corruption. Le choix des opérateurs ne répond pas toujours aux critères de mérite et de considération de value for money. Certes, des institutions tel le Central Tender Board existent pour veiller au respect des règles de transparence et d’équité. Toujours est-il que certains parviennent à se faufiler entre les mailles du filet.
Les dérapages concernant les chantiers de travaux publics sont surveillés de près ces derniers temps par le ministère des Finances. Dans plusieurs cas, le coût final des projets dépasse largement les estimations initiales. L’exécution des travaux dure plus longtemps que prévu par mauvaise planification.
Mais il y a aussi, à l’origine, des astuces pour faire avaliser des projets qui, autrement, n’auraient pas été approuvés. Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, dit soupçonner des maldonnes dans certains dossiers soumis pour obtenir les fonds.
“Certains officiers cachent délibérément le coût réel des projets, car ils estiment que leurs propositions ont une meilleure chance d’être reçues s’ils présentent des estimations inférieures”, disait le grand argentier.
Certains ministères et organismes parapublics, par ailleurs, ont pris la fâcheuse habitude d’accélérer le déboursement des fonds lorsque l’année financière tire à sa fin afin d’épuiser les budgets annuels. Souvent ces décaissements en catastrophe vont dans des projets (telle la construction des routes un peu à la va-vite) jugés peu essentiels par rapport aux priorités.
Le ministère des Finances a initié plusieurs mesures pour traquer les arnaques et les abus. Des comités d’audit seront institués dans chaque ministère pour passer au peigne fin les décaissements. Ces structures seront chargées d’appliquer une approche faisant preuve d’initiative dans l’utilisation des fonds pour diverses activités. Elles agiront sur la base des recommandations faites par le rapport du directeur de l’Audit.
Le gouvernement promet que dorénavant, les critiques et suggestions de l’Audit ne resteront pas lettre morte. Les comités d’audit dans les ministères feront le suivi des recommandations et mettront en place les systèmes de vérifications nécessaires pour prévenir les écarts.
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