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Les syndicats peuvent encore mobiliser
La mobilisation pour la manifestation organisée par la Plateforme commune syndicale (PCS), samedi dernier, à Rose-Hill démontre que le syndicalisme est encore bien vivant. A la grande satisfaction des organisateurs.
Pour eux, c’est un “nouveau succès” après la manifestation du vendredi 26 mai devant le bâtiment Emmanuel-Anquetil à Port-Louis. Ainsi, ils projettent une grève générale “si le gouvernement ne revient pas à de meilleurs sentiments”.
Munis de pancartes, plus de 1 500 personnes ont scandé leur mécontentement face à la politique prônée par le gouvernement à l’égard des travailleurs. A certains moments, la police a même dû intervenir pour calmer les esprits lors du défilé qui a eu lieu entre la Place Margéot et le Plaza. Démantèlement du tripartisme, amendements à la loi du travail et introduction du National Wages Council, compensation salariale de Rs 135 seulement, absence de dialogue entre le gouvernement et les syndicats ne sont que l’exemple des thèmes qui ont accroché.
Revigorée par l’enthousiasme, la PCS envisage une grève générale si le gouvernement ne change pas d’attitude. Une résolution a, d’ailleurs, été votée en ce sens samedi. Mais avant d’en arriver là, les syndicalistes s’attellent à élargir la mobilisation des travailleurs et de tous ceux qui se sentent oubliés par le régime en place.
Sithanen visé
“Nous avons constaté un déclic, explique Toolsiraj Benydin de la National Trade Union Confederation. Nous nous sommes préparés à de grandes actions syndicales. La grève générale et la désobéissance civile ne sont pas loin si on n’ouvre pas des négociations. En attendant, nous allons élargir la fronde.” Pour Ashok Subron, conseiller technique à la General Workers’ Federation (GWF), la mobilisation démontre que “les réformes de Rama Sithanen ne font pas l’unanimité au sein de la population”.
Le vice-Premier ministre et ministre des Finances était la cible privilégiée des manifestants. A les entendre, la manifestation de samedi n’est que le début d’une série qui devrait faire fléchir le gouvernement. Toutefois, Serge Jauffret, membre de la GWF, prévient : “Que l’opposition ne s’avise pas à tirer profit du mécontentement actuel sans s’engager à mener une meilleure politique économique et sociale.”
Toutes les centrales majeures
Pour les syndicalistes, ce gouvernement déçoit par sa manière de faire. “Les dirigeants sont à l’entière disposition du patronat. La population a été dupée et menée en bateau. L’Alliance sociale a présenté un programme pro-travailleurs lors de la campagne électorale mais ils font tout le contraire maintenant, affirme Toolsiraj Benydin. Ce gouvernement prône une politique ultralibérale pire que l’ancien régime.”
La démonstration de force de samedi est la première qu’organise la plateforme unissant quasiment tous les syndicats majeurs du pays. En effet, la zone franche, l’industrie sucrière, la fonction publique, l’éducation, le tourisme et les organismes parapublics étaient tous représentés.
Dans un premier temps, les dirigeants syndicaux parlent de continuer le travail de mobilisation et de conscientisation des travailleurs. Puis ils vont rallier d’autres secteurs, dont celui des taxis marrons, à leur lutte.
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