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La couleur des émotions de Nadine Jeanneton
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La couleur des émotions de Nadine Jeanneton
Le cycle est bouclé. Impossible d?y échapper. Un petit détail livré par Nadine Jeanneton et la série se met en place. ?Je fais du batik sur papier. C?est une technique que j?ai découverte en Higher School Certificate (HSC).?
Il n?en fallait pas plus pour que chaque chose reprenne sa place dans cette salle de classe du collège St-Joseph. Des collégiens à qui Nadine Jeanneton a la dure tâche de faire apprécier le beau. Avec discernement.
Pour la première fois, c?est elle qui s?expose aux regards critiques. Des Couleurs et émotions montrées à l?Alliance française, à Bell-Village, à partir du 10 juin.
?Avec le batik, les couleurs sont plus brillantes, les effets plus intéressants.? Le tout pour livrer des paysages sans demi-teintes. De l?entrée de Trou d?Eau Douce au Rochester Falls, en passant par les Terres arc-en-ciel, Nadine Jeanneton nous convie à une promenade. Pas qu?une flânerie bucolique mais un appel du pied à notre sensibilité écologique.
Certes, les paysages de cette enseignante du collège du St-Joseph (qui compte une décennie dans le métier), portent peu de traces de l?homme. À peine une clôture quand Nadine Jeanneton restitue Chamarel. Pas de poteau électrique, ni de maison qui se profile à l?horizon. Encore moins des silhouettes humaines pour ?meubler? ses paysages.
Refuser certaines mentalités
L?humain est ailleurs. Dans ces légendes qui, d?une ligne assassine, accompagnent le regard dans la lecture des tableaux. ?Il y a tant de bonheur et pourtant? ?
Les voies de traverse sont multiples. Nadine Jeanneton a choisi celle qui sans tarder arrive à destination. Elle-même, prend la peine de se rendre sur place pour repérer les lieux qui alimenteront son inspiration. ?Les couleurs ont plus d?importance que les formes. Les détails ne m?intéressent pas.?
Non, son ?il ne dicte pas à ses doigts de reproduire à la feuille près, l?arbre dans toute sa verdeur. Ni à la pierre près, l?amas de roches qui ne gêne pas la vue, mais invite à s?interroger sur ce qui est caché.
Idem pour les deux portraits qui reposent l??il des paysages. Rien de réaliste mais seulement des visages de femme marqués par la destinée. ?Ces autres qui nous veulent du mal?, dit la légende. Refus de certaines mentalités. De ceux qui ?considèrent les femmes comme des objets?.
Elle, assume ses points de vue marqués. Pour avoir fait le parcours classique : Arts en HSC ? un diplôme de Fine Arts du Mahatma Gandhi Institute ? un BEd dans le même domaine ? dix ans dans l?enseignement, Nadine Jeanneton a eu le loisir de voir évoluer l?apprentissage du beau.
Du syllabus ?très limité où on mettait un pot devant vous et on vous disait de vous débrouiller?, l?élément de recherche et de proximité avec les plasticiens locaux ne pouvait qu?être bienvenue. ?Avant, quand on demandait à un élève de citer un peintre qu?il connaissait, il disait Picasso. Mais sans plus. Sans savoir qui c?était, ni ce qu?il faisait. Maintenant, il y a un peu d?Histoire de l?art dès la Form I, pas dans un programme établi, mais chacun essaye d?inculquer quelques notions.?
De quoi forger la culture et surtout le sens critique de générations d?amateurs d?art. En attendant, vous savez quelle est la blague qui circule parmi ces apprentis sorciers : ?On va voir le Salon de Mai en juin.?
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