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La liaison fatale de Nirmala
Il est presque 16 heures vendredi lorsqu?une fourgonnette s?arrête devant le domicile des Ramphul à Bon-Accueil. Quelques femmes en sari s?approchent alors du véhicule pour regarder le corps sans vie de Nirmala Ramphul, 35 ans, enveloppé dans un drap taché de sang.
Chacun se lamente sur le destin tragique de cette mère de trois enfants qui était divorcée d?avec son époux depuis cinq ans. Elle a été égorgée tôt le matin par son amant. Tout le monde connaît son meurtrier, Imran Sameer Mosafeer, 37 ans. Ce dernier était son collègue de travail, dans une conserverie de thon à Port-Louis, où elle était Quality Controller.
Officiellement, Imran venait souvent chez les Ramphul pour faire des travaux. Mais en cachette, il entretenait une liaison avec Nirmala. Les amants se rendaient dans des pensions de famille de la région pour donner libre cours à leur passion.
Lundi dernier, le couple s?était rendu dans une pension de famille de Belle-Mare. Mais le lendemain Nirmala a révélé à Imran qu?elle voyait quelqu?un d?autre et qu?ils devaient cesser de se voir. Imran est alors devenu fou de rage et de jalousie.
Il lui tranche la carotide
Depuis mardi, Imran ne cessait de guetter ses allées et venues. Il ne pouvait concevoir que sa bien-aimée se retrouve dans les bras d?un autre homme.
Jeudi, Imran n?en peut plus. Il se rend dans une boutique et achète un cutter. Dans la soirée, il s?introduit dans la maison et se cache derrière une armoire qui se trouve dans la chambre de Nirmala pendant toute la nuit.
Il attend, le lendemain le départ de sa belle-mère, Ouma. Puis, à pas de loup, Imran s?approche de Nirmala qui dort à poings fermés à côté de son benjamin de 7 ans. Il referme sa main sur la bouche de la malheureuse et d?un coup sec, lui tranche la gorge, sectionnant la carotide. C?est le constat du médecin légiste Sudesh Kumar Gungadin. Une fois le crime commis, Imran se rend au poste de police de Flacq pour avouer son forfait. Il dira aux policiers qu?il a entendu une voix lui disant « bizin koupe transe » pour expliquer son crime. Imran a retenu les services de Me Prakash Bheeroo pour sa défense.
« Tou seki mo rapel, mo ti gaign enn call ver 9 h 10 pou dir moi ki ena problem kot moi », raconte Ouma, les yeux secs d?avoir trop pleuré. Nirmala vivait chez elle depuis qu?elle est séparée de son époux.
Selon Sone, le beau-frère de Nirmala, Imran effectuait des travaux au domicile de sa belle-s?ur depuis environ un mois.
« Zour li finn touy li, li finn pran tou so bann zouti li finn ale. Zame mo bel ser ti ena relasion avek li. Zot ti selma kamarad », soutient-il. Il ignorait apparemment des relations qui liaient les deux êtres. Mais ses voisins semblent être davantage au courant de cette liaison. « Nou abitie trouv zot kit lakaz vers 5 heures tanto pou al travay. Zot retourn tar dan la nuit. Garson la ti abitie dormi lamem. »
Ajay, l?ex-époux de Nirmala, connaissait Imran de vue. Il avait croisé le coupleà Flacq il y a un mois, et elle l?avait présenté comme étant un collègue. Sa disparition laisse Ajay encore sous le choc. « Elle était belle, indépendante et profitait de la vie et obtenait toujours ce qu?elle voulait. Mo ti pe trase me mo pa ti kapav donnli tou seki li oule, malerezman mo pa ti enn dimounn riche », regrette cet ancien vigile aujourd?hui au chômage. Cette liaison de Nirmala lui a finalement été fatale.
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