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Ramgoolam à la rescousse de Sithanen

4 juin 2006, 00:00

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À moins d?une semaine du discours du budget, le Premier ministre Navin Ramgoolam vient relayer son ministre des Finances. Il reprend l?agenda du changement que Rama Sithanen tient depuis le début de l?année et martèle que le budget 2006-2007 sera celui de la rupture avec un certain ordre établi. Afin de placer Maurice sur une nouvelle trajectoire de développement économique. Comme pour bien faire comprendre que Rama Sithanen bénéficie de son plein soutien ainsi que celui du Conseil des ministres, Ramgoolam assène : « Ce n?est pas le budget de Ramgoolam et de Sithanen. C?est le budget du gouvernement. »

Ramgoolam ne nuance aucun des propos de Rama Sithanen. Il persiste dans la voie de la réforme et prévient la population que ce budget sera celui du sacrifice et de la responsabilité. Et comme son ministre des Finances avant lui réitère à quelques phrases d?intervalle, la nécessité d?un élan patriotique autour de ce budget.

« Notre politique est orientée vers une réforme en profondeur de l?économie. Elle est indispensable pour assurer le progrès et le développement du pays. Sans elle, nous irons tout droit à la catastrophe. J?en appelle à toute la nation, en ayant le sens de la discipline et de la productivité afin de pouvoir assurer un meilleur avenir à nos enfants. »

Navin Ramgoolam récite la même incantation que Sithanen : responsabilité, discipline, solidarité et patriotisme. En rajoutant un nouveau mot « productivité ». Le mot sonne assez juste chez Ramgoolam quand il s?empresse de démontrer à quel point l?économie locale conserve des poches d?inefficience et des systèmes désuets. Il s?en prend ainsi aux tripartites dont il annonce la réincarnation en un National Wages Council qui tiendra compte de la productivité et de la performance dans chaque secteur économique pour déterminer le niveau de compensation salariale dont ses salariés ont droit.

<B> L?agneau du sacrifice</B>

Le Premier ministre balaye également devant la porte de l?État. En lançant un avertissement de taille aux organismes parapublics. Il trouve même un premier agneau du sacrifice pour bien démontrer que le gouvernement ne badine plus avec la productivité. La Development Works Corporation qui croule sous une dette de Rs 502 millions disparaîtra. « Il est inconcevable qu?une telle organisation se retrouve avec cette ardoise. Il faut par conséquent dissoudre cet organisme. Nous allons redéployer une partie de la main-d??uvre tandis qu?une autre recevra une formation ou pourra partir à la retraite dans certains cas. C?est en même temps un avertissement à d?autres corps parapublics qui ne feront pas d?efforts de redressement économique et financier. » L?avertissement est effectivement très clair. (Voir aussi pp. 7-11).

Au-delà de l?aspect de la productivité, Ramgoolam rappelle la philosophie qui traverse le budget 2006-2007. Il s?agira de réduire le déficit budgétaire et d?assainir les finances publiques en faisant la guerre au gaspillage. Mais Ramgoolam ne se départ pas non plus de sa fibre sociale en assurant que le gouvernement restera à l?écoute des laissés-pour-compte et des plus vulnérables de la société.

Pour bien faire comprendre que les réformes sont inévitables, Ramgoolam prend soin de bien décrire l?état inquiétant dans lequel se trouvent les finances du gouvernement. Il rappelle que la dette publique est passée de Rs 57 milliards à Rs 120 milliards en cinq ans. Et cite à profusion le cas d?organismes parapublics surendettés.

<B> Squelettes dans les placards</B>

Navin Ramgoolam donne des exemples de squelettes que ce gouvernement a trouvés dans les placards. Les Rs 1,8 milliard de dette de la Business Parks of Mauritius Limited. Les Rs 360 millions de dettes accumulées par la non répercussion des hausses du prix du Fuel Oil et du gaz industriel par la State Trading Corporation. Ou encore les Rs 214 millions que doit Mauritius Post Limited à divers organismes.

Devant une situation budgétaire aussi alarmante, le Premier ministre identifie le risque majeur : « Nous ne voulons pas nous retrouver dans une situation où les institutions comme la Banque mondiale ou le Fonds monétaire international viendront nous dicter nos priorités. C?est fondamental que le peuple soit à nos côtés pour affronter cette période difficile. À chaque fois que ce pays a eu à faire face à des moments durs, les Mauriciens se sont retroussé les manches pour relever les défis. »

Vendredi prochain, à la fin de la lecture du discours du budget, on commencera à savoir si les Mauriciens voudront se mettre au travail.

AMBIANCE

<B> Restons solidaires</B>

Rama Sithanen file en affichant un large sourire. « Aster capav dire mo pas ena soutien ? » Tout l?exercice de communication d?hier avait, sans doute comme objectif principal, de bien démontrer que les rangs du gouvernement ont été resserrés autour du ministre des Finances. Navin Ramgoolam a d?ailleurs animé sa conférence de presse flanqué du ministre du Tourisme, Xavier-Luc Duval, et de Rama Sithanen. Passant la main à ce dernier lors de la session de questions-réponses pour qu?il apporte des éclaircissements sur des questions techniques. Tout au long de la conférence de presse, Sithanen est apparu affichant ostensiblement son approbation à chaque fois que le Premier ministre a repris des mots et phrases qu?il ressasse depuis des semaines.

En hochant la tête, Sithanen écoute ainsi Ramgoolam dire que « le coût de ne rien faire est bien plus élevé que celui d?apporter des réformes ».

Derrière, tous les ministres du cabinet étaient venus montrer leur soutien à l?agenda de la réforme en écoutant religieusement le discours du Premier ministre. Rashid Beebeejaun, Vasant Bunwaree, Étienne Sinatambou, Sylvio Tang, Mahen Gowressoo, Dharam Gokool et Arvin Boolell, tous en mission à l?étranger, étaient les seuls à manquer à l?appel. Oubliées les dissensions et les récriminations contre l?approche « trop libérale » de Rama Sithanen. Il fallait se montrer solidaire hier.

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