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le second souffle

4 juin 2006, 00:00

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Si la fumée est extrêmement nocive pour les fumeurs, elle l?est également pour les non-fumeurs qui la respirent directement quand elle s?échappe de la cigarette et se répand dans l?air. Il est prouvé que ce courant, dit secondaire, est extrêmement toxique. « La pollution atmosphérique est certes néfaste, mais la fumée du tabac contient des substances délétères qui vont directement dans les poumons. C?est évident que cette fumée abîme davantage le corps », s?insurge Véronique Le Clézio qui mène une lutte anti-tabac depuis huit ans au sein de son association Visa (pour une meilleure qualité de vie sans tabac).

Cependant, les risques de nocivité pour les fumeurs passifs dépendent principalement de la durée et de l?intensité de l?exposition. Même si l?importance des dangers est moindre que chez les fumeurs, le tabagisme passif provoquerait des pathologies graves voire la mort chez certains sujets sensibles. « La fumée inspirée de façon passive peut entraîner des maladies respiratoires. Elle peut donner lieu à des problèmes de circulation sanguine et autres problèmes cardiaques. On peut aussi évoquer tous les cancers liés au tabagisme en commençant par la bouche, les lèvres, le larynx, le pharynx. On peut descendre jusqu?à l?estomac et le poumon, sans oublier la trachée, les bronches et le tissu pulmonaire. Ajoutés à ceux-là, il y a d?autres types de cancers associés comme celui de la vessie », explique le cancérologue Hassen Mustun.

Dans de nombreux pays, des politiques de réglementation de l?usage du tabac sont élaborées et mises en ?uvre. Maurice en est encore à ses balbutiements. Il existe bien une loi sur le tabac dans le Public Safe Act qui stipule que « no person shall smoke in a place of work intended for use by the public ». Mais elle n?est pas toujours bien appliquée.

Une cohabitation difficile

« À Maurice on, les choses ne sont pas dites clairement. Le restaurant est un lieu où travaillent des gens et il est fréquenté par le public. Logiquement, fumer devrait y être interdit. Pourtant, une fumée débilitante et léthale vient indisposer les non-fumeurs pendant qu?ils mangent. Pourquoi imposer un risque sanitaire aux gens qui n?ont rien demandé ? », rappelle Véronique Le Clézio. La cohabitation avec les fumeurs sur le lieu de travail n?est pas toujours évidente, pour certains comme Clara, qui avoue ne pas vouloir se fâcher avec ses collègues et amis. « Je sens une réelle gêne au niveau des yeux, du nez et de la gorge mais je préfère subir. Ce n?est pas toujours évident. J?aimerais qu?il y ait de véritables espaces aménagés pour les non-fumeurs qui désirent respirer de l?air presque pur. »

Croire que le problème du tabagisme passif n?est qu?une question d?inconfort et de courtoisie, c?est méconnaître la terrible réalité de ceux qui, à longueur de journée, respirent involontairement la fumée des autres. « Les employés ont le droit de poursuivre leurs employeurs pour manque de protection sanitaire au travail, mais personne n?ose le faire », confie Véronique Le Clézio.

Nul n?échappe à la fumée secondaire. Oeuvrer pour une meilleure santé communautaire afin de respecter le droit des plus vulnérables à respirer un air non nocif devient primordial. « La liberté du fumeur doit s?arrêter là où commencent le nez et les poumons du non-fumeur. Car si le moustique est le vecteur du chikungunya, l?industrie du tabac est le vecteur de l?épidémie du tabagisme qui fait cinq millions de mort par an dans le monde et qui en fera d?ici 2020, 10 millions chaque année », rappelle Véronique Le Clézio.

BEBES ET NOURRISSONS EN DANGER !

Les effets néfastes du tabagisme maternel sur le développement du f?tus ont été clairement établis depuis une cinquantaine d?années.

Bébé fume dans le ventre de sa mère. Dans l?utérus, il reçoit de l?oxygène par le sang de sa mère. Quand cette dernière fume, son sang se charge de monoxyde de carbone, un gaz particulièrement toxique. De plus, la nicotine a un effet vasoconstricteur sur les artères du placenta et sur l?artère ombilicale, ce qui rend la circulation du sang moins bonne. Tout cela contribue à la mauvaise oxygénation du bébé.

Le poids d?un nourrisson enfumé à la naissance est inférieur à celui des autres nouveau-nés (diminution du poids à la naissance de 100 grammes à 200 grammes).

La fréquence du retard de croissance de bébé est d?autant plus élevée lorsque les mères fument davantage. Pour ces nourrissons exposés au tabac, les risquesde mort subite, d?asthme, de bronchite et d?otites sont accrus.

Aussi, il est recommandé de ne pas fumer quand on allaite son enfant car la nicotine passe dans le lait maternel et sa concentration dépend du nombre de cigarettes fumées.

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