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La main tendue vers l?Iran
Américains, Européens, Russes et Chinois sont tombés d'accord, à Vienne, pour faire à l'Iran des «propositions de grande portée», maniant la carotte et le bâton, dans l'espoir de convaincre Téhéran de suspendre son programme nucléaire controversé.
Les ministres des affaires étrangères des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu (États-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie, Chine) et l'Allemagne s'étaient réunis pour mettre au point une offre commune afin que Téhéran abandonne l'enrichissement de l'uranium. Or, l'Iran refuse toujours de renoncer à ce droit.
«Je suis heureuse d'annoncer que nous sommes convenus d'une série de propositions de grande portée», a annoncé la ministre des affaires étrangères britannique, Margaret Beckett, à l'issue de la réunion. Les Européens sont «prêts à reprendre les négociations si l'Iran en revient à la suspension de toutes les activités liées à l'enrichissement et au retraitement», a-t-elle expliqué. Dans le cas contraire, «d'autres mesures devront être entreprises au Conseil de sécurité», a-t-elle ajouté, en faisant allusion à des sanctions, mais sans employer le mot.
<B>«C?est une question de semaines»
Trois pays européens (Allemagne, France, Grande-Bretagne - UE3) avaient préparé un ensemble de mesures de coopération et de sanctions pour que Téhéran arrête d'enrichir l'uranium, une activité potentiellement militaire. La déclaration a été lue après de longues discussions serrées sur le texte, dans la soirée, selon des participants. Mme Beckett était accompagnée de ses cinq homologues et du haut représentant de l'Union européenne pour la politique extérieure, Javier Solana.
Les États-Unis ont exprimé leur satisfaction jeudi soir : «Nous avons eu le marché que nous souhaitions», a déclaré un haut responsable du département d'État. «Nous avons un engagement de nos partenaires que si l'Iran ne saisit pas la main qui lui est tendue, le Conseil de sécurité de l'Onu prendra les mesures nécessaires, et que ces mesures auront du poids», a-t-il indiqué à des journalistes. Russie et Chine ont exprimé dan une résolution onusienne à New York leurs réticences jusqu'ici à des sanctions automatiques .
L'Iran va avoir un délai de plusieurs semaines pour répondre : «C'est une question de semaines», a déclaré ce responsable voyageant avec la secrétaire d'État américaine Condoleezza Rice. Mme Rice avait créé la surprise, mercredi, en annonçant que les États-Unis ? contrairement à leurs positions antérieures ? participeraient directement aux négociations de l'UE3 à condition que Téhéran suspende d'abord son enrichissement.
<B>Mise en garde de bush</B>
Tout en saluant la possibilité d'un «dialogue impartial» avec Washington, le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, avait déclaré, jeudi, qu'il était hors de question de suspendre l'enrichissement. Mais des sources diplomatiques ont affirmé que l'Iran avait ralenti ses activités d'enrichissement d'uranium, commencées au printemps, ce qui pourrait ouvrir la voie à un compromis. Selon un diplomate, ces derniers «n'alimentent plus actuellement en UF6» ? le gaz (hexafluorure d'uranium) tiré du minerai d'uranium ? les centrifugeuses utilisées pour l'enrichissement.
Le président George W. Bush avait mis en garde l'Iran, jeudi, s'il refusait de suspendre l'enrichissement. «Nous verrons s'il s'agit ou non de la décision ferme de leur gouvernement», avait déclaré M. Bush à la presse, avant d'ajouter : «Et si telle est leur décision, la prochaine étape consistera pour nos partenaires (...) à aller devant le Conseil de sécurité.» Le projet préparé par l'UE3 pour la réunion de Vienne prévoyait d'offrir à l'Iran une coopération commerciale, technologique et sécuritaire ? dont l'aide à l'acquisition d'un réacteur à eau légère en cas d'accord, mais aussi des sanctions, allant d'un embargo sur les armes à un gel des avoirs de personnalités et d'organisations liées au régime islamique, si Téhéran persiste à enrichir l'uranium.
Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a salué l'offre américaine de dialogue direct avec l'Iran, tout en appelant la communauté internationale à ne pas «perturber» les négociations par des «menaces».
Le président chinois, Hu Jintao, a, lui aussi, félicité George W. Bush, au téléphone, de sa proposition de discuter avec Téhéran. La Chine s'était auparavant déclarée contre «l'utilisation arbitraire des sanctions».
<B>© LE MONDE
Distribué par
The New York Times Syndicate</B>
<B>L'Iran pourrait disposer de l'arme nucléaire en 2010, selon les USA</B>
L'Iran est «le principal État parraineur du terrorisme dans le monde» et pourrait disposer de l'arme nucléaire dès 2010, a déclaré le directeur du renseignement américain, John Negroponte, hier à la radio BBC. «Il faut admettre qu'il s'agit du principal État parraineur du terrorisme dans le monde, et que leur attitude a été un problème non seulement au Liban, en Israël et dans les territoires palestiniens, mais aussi en Irak», a dit M. Negroponte, qui chapeaute les 16 agences américaines spécialisées dans le renseignement, dont la CIA. «Ils semblent déterminés à mettre au point des armes nucléaires», a-t-il ajouté, tout en reconnaissant ne pas avoir «de connaissance précise» sur le délai nécessaire à Téhéran pour achever la mise au point de l'arme nucléaire. «Selon nos estimations, ils pourraient être en position de disposer de l'arme nucléaire entre le début de la prochaine décennie et le milieu de la prochaine décennie, ce qui est très inquiétant», a précisé M. Negroponte. «Maintenant, il y a une proposition sur la table adressée à l'Iran, et nous devons attendre la réaction du gouvernement iranien», a expliqué M. Negroponte, au sujet de la proposition de Washington de discuter directement avec Téhéran de son programme nucléaire. Les ministres des Affaires étrangères des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu (États-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie, Chine) et l'Allemagne se sont réunis pour mettre au point une offre commune pour que Téhéran abandonne l'enrichissement de l'uranium. Et les États-Unis se sont déclarés prêts à discuter avec l'Iran s'il suspendait son programme nucléaire. L'Iran a fait savoir jeudi qu'il était prêt au dialogue avec les États-Unis, mais refuse toujours de suspendre son enrichissement d'uranium.
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