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Des pilotes mauriciens pour poursuivre l?envol d?Air Mauritius

3 juin 2006, 00:00

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Leur sourire était aussi grand qu?un Airbus A340. Assis à côté de leurs parents à l?hôtel Le Labourdonnais hier, les 19 apprentis pilotes avaient de quoi être fiers. Sélectionnés parmi 532 candidats, ils sont sur le point de réaliser leur rêve d?enfant : piloter un avion de ligne. lls rallieront la «43 Air School» d?Afrique du Sud la semaine prochaine. Ils y suivront une formation basique pendant 19 mois avant de retourner à Maurice avec pour ultime objectif de devenir commandant d?un Airbus A340. Ce sera alors au tour du Paille en Queue de réaliser son propre dessein : augmenter le nombre de pilotes mauriciens.

«A l?heure actuelle, nous comptons 51 pilotes mauriciens et 150 étrangers. Nous voulons renverser la tendance dans le long terme, soit avoir 75 % de Mauriciens et 25 % d?expatriés», explique Nirvan Veerasamy, directeur général d?Air Mauritius.

La compagnie nationale d?aviation a un besoin croissant de pilotes pour satisfaire ses envies d?expansion. Pour desservir plus de destinations, il lui faudra davantage d?avions mais aussi plus de pilotes.

«Il faut toujours aller plus loin. Pour rester compétitif, il faut multiplier les fréquences sur encore plus de destinations», précise Nirvan Veerasamy.

Air Mauritius ajoutera Munich et Madrid à sa liste de destinations d?ici l?année prochaine. Elle étudie actuellement la possibilité de desservir Shanghai (Chine) et un nouvel aéroport du Sud-Est asiatique qui pourrait bien être Bangkok. Cela nécessitera avant tout un élargissement de la flotte actuelle. Air Mauritius recevra deux Airbus A340-300E flambants neufs à la fin de l?année et un autre en octobre 2007. La compagnie aura ainsi huit A340 pour le long-courrier, deux A319 pour le moyen et deux ATR pour les dessertes régionales.

<B>Nouvel appel de candidatures </B>

«D?ici trois ans, nous aurons entre huit et 12 long-courriers. Notre département planning étudie les options disponibles pour agrandir la flotte. Nous pourrons confirmer les options prises sur deux autres A340 neufs auprès d?Airbus ou acheter des avions de seconde main ou en louer», soutient le directeur général.

D?ici là, les 19 apprentis pilotes seront rentrés. Contre cette formation, qui coûte Rs 2,5 millions par tête, ils s?engageront à travailler pour le transporteur mauricien pendant sept ans. Ils en profiteront pour rembourser 75 % du coût des études à Air Mauritius. La compagnie en sortira gagnante puisque les pilotes mauriciens n?exigent pas des salaires aussi élevés que les étrangers et sont plus réticents à aller travailler à l?étranger.

«Nous aurons toujours besoin de l?expertise des étrangers car ils ont volé sur divers types d?avions», déclare Nirvan Veerasamy. Air Mauritius compte pourtant recruter au moins 25 stagiaires par an. Un appel de candidatures aura lieu d?ici la fin du mois. «Nous traiterons les dossiers rapidement. Il y aura un maximum de 90 jours entre l?appel de candidatures et la sélection des stagiaires», précise Dinesh Burrenchobay, directeur du personnel chez Air Mauritius.

Les experts de la «43 Air School» feront partie du panel de sélection. Air Mauritius a signé un accord avec l?école hier. Fière de son partenariat, la «43 Air School» baptisera un nouveau dortoir de son campus «Port-Louis». Et suite à des discussions avec Air Mauritius, la State Bank of Mauritius proposera un prêt spécial pour la formation à l?école sud-africaine. Remboursement sur dix ans suivant le retour au pays.

<B>Catryana Assy déploie ses ailes</B>

Catryana Assy n?a pas froid aux yeux. Cette jeune femme de 23 ans s?imagine déjà aux commandes d?un avion. Ce rêve caressé depuis l?enfance est en passe de devenir réalité. Nihad Yacoob et elle sont les deux seules femmes à faire partie du premier groupe de pilotes stagiaires mauriciens à intégrer le 43 Air School d?Afrique du Sud. «La vie a fait que j?ai pris des sentiers différents mais je n?avais jamais perdu espoir d?atteindre mon but. Il suffit d?y croire», confie Catryana. Etudiante au Bon et Perpétuel Secours de Beau-Bassin, elle opte pour la filière scientifique avec le secret espoir de devenir pilote. Finalement elle réussit une licence en physique et mathématiques à l?université de Maurice et exerce le métier de professeur pendant deux ans au collège St Esprit de Case Noyale. «C?est sans regret que je vais changer de métier. Mon rêve s?est réalisé à moitié. Désormais il suffit de terminer les cours et de réussir. Bien sûr, je ne vais pas devenir pilote du jour au lendemain au bout de ces 16 mois d?études. Il y aura un long apprentissage et toutes ces nombreuses heures de vol. J?appréhende un peu car ce sera dur mais j?ai toujours adoré les défis.» Gageons que cette femme de tête et éternelle battante a tous les atouts pour s?envoler vers des cieux très cléments. «J?ai toujours essayé de faire honneur à ma maman qui est femme au foyer». Catryana n?est pas inquiète d?avoir à évoluer dans un univers très masculin. « Bien au contraire, je pense que les garçons vont chouchouter les deux seules mauriciennes.» Rien a priori ne semble pouvoir ébranler sa détermination. Pourtant, un voile de tendresse balaie son regard quand elle nous parle d?Eloïs, sa petite s?ur de cinq ans. «Elle est très contente pour moi mais terriblement triste de me voir partir pour deux ans.»

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