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«Mon beau-père a mis le feu à mes vêtements»

3 juin 2006, 00:00

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Stupeur à Camp-Siajee. A l?entrée de Rivière-du-Poste, tout le monde parle de cette jeune femme en flammes cherchant de l?aide auprès de ses voisins. Chandranee Nundowah, 26 ans, est aux soins intensifs à Candos. Son beau-père, Bidianand Nundowah, 50 ans, arrêté par les enquêteurs de Rose-Belle, est dans le ward d?à côté, sous la garde d?un policier.

La police ignore le mobile de cet acte, n?ayant pas encore interrogé des témoins et des membres de la famille Nundowah. Mais dans le voisinage, il se chuchote que la victime aurait déjà eu des accrochages verbaux avec sa belle-famille. à un moment, elle était retournée chez ses parents, à Vacoas, pour revenir à Rivière-du-Poste à la mi-mai. Histoire d?une terrible matinée, à travers le vécu des voisins toujours sous le choc. Les noms sont fictifs.

Ce vendredi-là, les habitants de Camp-Siajee vaquent à leurs occupations. Certains se préparent pour aller au travail. Neha vérifie une dernière fois ses documents avant de se rendre à un entretien d?embauche. La route est longue. La firme est à Port-Louis. A la suite des évènements, elle restera à la maison, atterrée par ce qu?elle a vu. «Soudain, j?ai entendu des cris, des chiens aboyer férocement», relate-t-elle, toujours sous le coup de l?émotion. C?est alors que sa tante lui demande de venir l?aider, rapidement. «Il y a une personne en feu».

Cet appel au secours ameute tout le voisinage. Subhawtee est ahurie par la scène. «Etant donné que la famille est propriétaire d?autobus, j?ai d?abord cru que ses proches avaient mis le feu à du caoutchouc. Mais je l?ai reconnue, en flammes. Elle s?avançait vers moi.»

<B>«Sa lèvre saignait»

Au même moment, Neha sort pour voir sa tante pousser Chandranee sous le robinet. La victime se lève rapidement pour crier sa douleur et son désespoir à tous ceux qui s?approchent d?elle: «C?est mon beau-père qui a mis le feu à mes vêtements.» Elle demande son époux, receveur d?autobus opérant sur la ligne Curepipe-Casernes. Contacté sur son téléphone portable, celui-ci s?est refusé à tout commentaire.

Entre-temps, le feu a déjà consumé ses habits. Il faut la recouvrir de draps. «Elle était à proximité de sa cour, les draps étaient rouges en peu de temps. Le feu avait atteint son menton. Sa lèvre supérieure saignait. Elle me demandait si elle serait en mesure, à l?avenir, de rentrer chez elle», ajoute Subhawtee.

Sur la route, tous les véhicules stoppent pour voir le drame se jouer. Des bus emmenant des employées d?usine sur leur lieu de travail vont même jusqu?à s?arrêter pendant de longues minutes. Les commentaires ne manquent pas. L?attroupement grossit à vue d??il.

Les secours s?organisent rapidement. Un des beaux-frères de l?époux de Chandranee Nundowah, en partance pour son travail, se dépêche de chercher son van pour la transporter à l?hôpital Jawaharlal Nehru, de Rose-Belle. Au poste de police qui s?y trouve, la tante de Neha relaie les propos de la victime. Les limiers de la Criminal Investigation Division de Rose-Belle arrêtent le beau-père qui a subi des brûlures aux mains.

Vu la gravité des brûlures, la victime est transférée d?urgence à l?hôpital de Candos. Elle est admise aux soins intensifs. Son beau-père y est également emmené pour traitement.

à l?heure des visites, les proches de Chandranee Nundowah affluent. Prenant leur courage à deux mains, certains vont constater de visu son état. Ils en ressortent en larmes. Les uns sont inconsolables, les autres muets.

Dans la journée d?hier, les limiers de la CID, sous la supervision de l?assistant-surintendant Jean-Claude Gunga, se sont rendus sur les lieux pour les besoins de l?enquête, sécurisant un périmètre de la cour. L?enquête se poursuit, en attendant la déposition de la victime.

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