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Des femmes ambitieuses
?Aide-toi et le ciel t?aidera.? Les femmes de Bel-Ombre l?ont compris. Josique Radegonde, travailleuse sociale et encadreur dans différentes organisations, est la fondatrice de cette association féminine. Et beaucoup de choses ont changé dans la vie de cette trentaine de femmes. ?Je n?aurais jamais cru qu?à cet âge, j?allais apprendre à faire la peinture sur tissu ou travailler l?osier?, note Eliette Leriche.
Il n?y a pas que cela. La création de cette association a enlevé une barrière qui date de plusieurs années. Il existait une sorte de préjugé entre les habitants. Ils se côtoyaient peu. Mais cette association a été l?occasion pour les femmes de renouer contact pour partager leurs connaissances et leurs idées. Marie-Joseph Jacquin a mis son jardin à la disposition du groupe pour des réunions et des séances de travail et chacun a apporté sa contribution en partageant leurs connaissances. ?C?est une de mes plus grandes satisfactions. Je suis fière d?elles puisqu?il y a cette solidarité parmi les femmes?, déclare Josique.
Elle a sollicité l?aide de personnes qualifiées pour dispenser des cours. Plusieurs ONG et ministères ont aussi apporté leur contribution. La broderie, la peinture sur tissu, la fabrication de panier en osier ou la confection au crochet ne sont plus un secret pour ces femmes. Mais elles ne comptent pas s?arrêter en si bon chemin. Une douzaine de membres projette de fonder une entreprise commune. ?Cela nous aidera financièrement?, disent-elles. Quelques-unes ont bien tenté de vendre leurs produits individuellement dans les hôtels de la région. Mais sans grand succès. Les hôtels ont déjà leurs propres fournisseurs. ?Mes produits ont passé plusieurs semaines dans un hôtel sans être vendus. J?ai dû tout reprendre?, déclare Eliette Leriche.
Elles sont conscientes qu?à travers une entreprise, la chance de réussir est encore plus grande. Les choses ne sont plus comme avant à Bel-Ombre. Le sucrier a fermé ses portes et le lagon n?est plus poissonneux. Les revenus par famille a considérable baissé. Et ce sont les enfants qui paient les pots cassés. ?Ils n?ont pas toutes les facilités ni le nécessaire pour se rendre à l?école?, constate Josique.
Aider les enfants
Cette association féminine a donc à c?ur l?intérêt des enfants. Et elle fera tout pour les guider sur une bonne route. Pour ce faire, elle passera par un food day. Les femmes concocteront les mets typiquement créoles et indiens. L?argent recueilli servira d?abord pour un déjeuner des enfants. Des personnes âgées leur parleront du changement économique du village, c?est-à-dire de l?époque où les habitants comptaient sur le sucre et la pêche pour vivre alors que peu à peu cette situation disparaît pour laisser la place à l?industrie touristique. ?Ce faisant, nous voulons les motiver pour accorder une bonne place à l?éducation et motiver ceux qui négligent l?école?, explique l?encadreur de l?Association féminine de Bel-Ombre.
Les membres sont conscientes que les jeunes de Bel-Ombre sont des proies faciles de l?alcoolisme et de la drogue car c?est un village avec beaucoup de chômeurs et peu d?activités sociales. Elles veulent attirer l?attention des organisations non gouvernementales pour animer des ateliers de travail dans la localité.
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