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L?eau de mer vaut de l?or

30 mai 2006, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

C?est possiblement le début d?une industrie qui vaut de l?or. Sans le savoir, Maurice dormait sur une vraie caverne d?Ali Baba. Il a fallu que le Mauritius Research Council (MRC) attire l?attention des autorités, il y a quelques mois, pour permettre une prise de conscience. Et le héros de l?histoire n?est autre que l?eau de mer provenant des profondeurs de notre zone économique exclusive.

Après avoir reçu les analyses d?un laboratoire australien, qui faisaient suite à une étude de faisabilité, les choses paraissent évoluer positivement. L?eau de mer profonde mauricienne semble en effet contenir les caractéristiques et composantes nécessaires pour permettre l?éclosion d?une nouvelle industrie, pouvant se chiffrer à plusieurs centaines, voire milliards de roupies. Les résultats seront remis d?ici quelques jours au gouvernement. Dans le courant du mois prochain, le MRC rencontrera la presse pour expliquer en détails les avancées de son projet.

?Nous sommes satisfaits des résultats. Ils sont encourageants pour la suite du projet?, révèle une source proche du dossier. Mais attention, il ne faut pas placer la charrue avant les b?ufs. Des éléments doivent encore être pris en considération avant que le rêve ne devienne réalité.

Maurice pourrait en effet abriter bientôt une Land-Based Oceanic Industry (LBOI) générant des recettes colossales à l?instar de Hawaï, où l?exploitation de l?eau de mer profonde rapporte gros, très gros. Maurice présenterait les mêmes avantages, sinon plus, que Hawaï. C?est dire ! D?autres pays qui commercialisent cette eau avec succès sont la Norvège et le Japon.

Géographiquement, notre pays a la chance de se situer dans le plus propre des cinq océans. L?île se trouve également sur la route des courants marins froids, ce qui nous amène de l?eau de mer profonde de la plus grande pureté, totalement libre d?éléments polluants, pathogènes et riche en minéraux et en éléments nutritifs.

Les applications à des fins commerciales de ce type d?eau sont multiples. A commencer par le simple embouteillage, après dessalement. Le marché mondial pour l?eau minérale de ce type pèse 89 milliards de litres pour US $ 22 milliards (Rs 660 milliards) annuellement. Hawaï, le grand spécialiste du secteur, exporte plus de 300 000 litres d?eau embouteillée vers le Japon, où elle est vendue dans une fourchette de US $ 4 à US $ 6 (Rs 120 à Rs 180) la bouteille. Le marché mondial est demandeur à tel point que Hawaï est en train de tripler sa capacité pour atteindre le million de litres par jour.

Propice à l?aquaculture

De plus en plus en vogue dans le monde, ce type d?eau est profondément ancré sur les marchés asiatiques. L?eau de haute mer est également propice à l?aquaculture, un des secteurs que le gouvernement souhaite exploiter, ou encore la thalassothérapie pour ses qualités curatives. Elle est également une denrée précieuse pour l?industrie pharmaceutique puisqu?elle entre dans la composition de certains médicaments à base liquide.

En fait, l?utilisation de l?eau de mer profonde peut être une condition sine qua non pour le développement de certains de ces secteurs. L?élevage de crabes, de langoustes, de homards ou encore d?oursins à grande échelle est quasiment une mission impossible sans y avoir recours.

L?air conditionné est également un autre domaine où l?eau de mer profonde peut être très utile d?après le MRC.

Mais rien n?étant parfait, il faudra investir gros et cela pourrait faire hésiter ceux qui veulent miser sur cette industrie. D?abord, il faudra dépenser beaucoup pour pouvoir récupérer cette eau. Comme à Hawaï, auquel Maurice fait appel pour son expertise, il faudra chercher cette eau très loin et très profondément.

Ces courants marins dont le pays compte tirer avantage circulent à une profondeur de 1 000 mètres et plus. Selon ceux qui travaillent sur le dossier, cette profondeur est atteinte à environ trois kilomètres de la plage, à certains endroits de la côté ouest, dont Albion. Pour pomper cette eau, il faudra poser des kilomètres de tuyaux sur les fonds marins à partir de la côte où ils devront être connectés à des unités de pompage très conséquentes.

?D?accord, l?investissement est lourd. Mais le retour sur investissement est très conséquent. En un temps minimum, l?argent investi sera déjà récupéré ?, relativise un ?initié? du projet.

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