Publicité

Controverse autour d?un projet de téléphérique à Tamarind Falls

19 mai 2006, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Les Services des bois et forêts s?intéressent de près à un projet de téléphérique et de village touristique de Seven Waterfalls Horizons Mauritius Ltd (SWHML) dans les environs de Tamarin Falls. Des officiers de ce département mènent actuellement une enquête pour établir si le promoteur a effectué des travaux sur des terres de l?Etat. Un rapport est attendu la semaine prochaine.

Le projet de SWHML se décline en plusieurs parties. Il y a le village touristique lui-même qui se trouve à Closel, Tamarin Falls, d?où partira le téléphérique. Il parcoura pas moins de 3.2 kilomètres avant de terminer sur le sommet du Mont Simonet dans la chaîne des Montagnes Vacoas. Le trajet du téléphérique sera jalonné par quatre tours, dont un échangeur à équidistance entre le départ et l?arrivée. Ce téléphérique, qui sera d?ailleurs le plus long téléphérique de l?hémisphère Sud, sera construit par la firme suisse Garaventa. Un viewpoint sera aménagé sur le Mont Simonet.

La partie comprenant le village touristique et la station de départ du téléphérique, sera érigée sur 25 arpents appartenant à SWHML. Le ministère de l?Agriculture a octroyé le permis de conversion de terres en décembre 2004. Selon le ministère de l?Environnement, ce permis autorise le propriétaire du terrain à y faire ce que bon lui semble sans que cela nécessite de permis d?environmental Impact Assessment (EIA). Ce qui tombe bien pour SWHML car la Police de l?environnement avait été dépêchée sur les lieux hier avant de rebrousser chemin en apprenant l?existence du permis de conversion des terres.

La Mauritian Wildlife Foundation (MWF) a toutefois découvert que SWHML a commencé a enlever des branches des arbres à proximité du réservoir de Tamarin Falls. Parmi les branches coupées figurent celles d?une espèce endémique rare, l?Albizia vaughanii, dont on compte seulement 14 individus. «La forêt de Tamarin Falls, qui appartient en partie au CEB et à l?Etat, a une riche diversité d?espèces indigènes. La forêt compte plus de 100 espèces indigènes, desquelles la moitié est endémique», commente un botaniste de la MWF, Jean-Claude Sevathian. Parmi ces espèces on trouve le bois d?éponge, le palmiste blanc, le café marron et le collophane.

Le promoteur a obtenu auprès de la Central Electricity Board et de l?Etat des baux pour les lopins de terres où seront construites les tours, et notamment un lopin de dix perches sur lequel sera bâti l?échangeur. L?Etat a également octroyé un bail de deux arpents sur le sommet du Mont Simonet.

<B>Quatre espèces menacées</B>

Et c?est là que les choses se compliquent. Des photos montrant le déblayage partiel de la forêt sur le haut de la montagne sont parvenues aux Services des bois et forêts. Or, il ressort que non seulement SWHML n?aurait pas encore obtenu de permis EIA pour cela mais qu?il n?aurait même pas fait de demande pour un tel permis. Le directeur général de l?entreprise, Sam Seetaram, explique qu?un rapport EIA sera soumis dans les semaines à venir. Les Services des bois et forêts, eux, préfèrent mener leur enquête sur la chose. Si les officiers concluent qu?il y a bien eu délit, la compagnie est passible d?amendes.

De son côté, Sam Seetaram affirme que le projet se fera dans le respect de l?écologie. Le village touristique comprendra, notamment une pépinière d?espèces endémiques. Le directeur souligne en outre que pas moins de Rs 75 millions seront mises de côté pour des projets environnementaux. Il insiste ailleurs sur le fait que l?emplacement de l?échangeur a déjà été modifié à la suite d?une étude effectuée par la MWF pour le compte du CEB l?année dernière et qui a mis au jour la présence de quatre espèces d?arbres dangereusement menacées sur le site prévu. Elles se trouvent maintenant à 30 mètres du lieu où sera érigé l?échangeur.

Selon une des conditions du bail, le locataire sera «obligé d?effecteur une gestion active de la forêt de bonne qualité restante». «Les arbres endémiques ont étés recensés et leurs emplacements enregistrés. Nous sommes là pour préserver et non pas pour détruire l?environnement», conclut Sam Seetaram.

Publicité