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Interrogatoire des agents incriminés de la SMF

6 mars 2006, 20:00

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De mémoire d?enquêteurs, c?est l?une des rares fois que le commissaire de police (CP) Ramanooj Gopalsingh ordonne une enquête départementale à la suite du suicide d?un policier.

D?une manière générale, les cas de suicide occasionnent toujours des enquêtes orientées vers les proches de la victime. Mais cette fois, l?investigation touche directement plusieurs agents de la Special Mobile Force (SMF). Ceux-ci seraient mis en cause dans une lettre d?adieu laissée par la victime. Le jeune policier Ravee Chunurmun (22 ans) l?aurait rédigée 24 heures avant de se donner la mort, en ingurgitant une forte quantité de somnifère.

Depuis jeudi dernier, au moins six agents de l?aile mobile (mobile wing) de la SMF ont été convoqués au Central Criminal Investigation Department (CCID) aux Casernes centrales pour donner leur version des faits par écrit. L?enquête est menée par les hommes du deputy commissioner of police Tangavel Seerungun. Hier, c?était au tour d?un assistant superintendent of police (ASP) de cette même section de répondre aux questions du CCID. L?interrogatoire aurait été long et très serré. Tant le CP que l?Hôtel du gouvernement suivent l?affaire de près. Des sanctions extrêmes sont envisagées contre les éventuels fautifs que les parents de la victime étudient sérieusement de poursuivre.

Dans sa lettre, le jeune habitant de Montagne-Blanche relate sa ?torture et persécution morales? par ses collègues qu?il nomme. Notamment des hauts gradés, le sergent major T, l?assistant commissioner of police A, un chef inspecteur, le sergent G... Il allègue que son chef hiérarchique n?a jamais cessé de le torturer ?mentalement et verbalement? : la distribution des tâches n?a pas été faite de façon équitable, le rendant dépressif et obligé de suivre des traitements à l?hôpital psychiatrique Brown-Sequard. Il raconte aussi son retour au travail après trois semaines de congé de maladie. Ses effets personnels avaient été volés de son armoire. Il cite le nom de deux de ses collègues, S et D. Cependant, dit-il, aucune sanction n?a été prise contre eux. Au contraire, son chef devait même durcir le ton à son égard et le menacer. Il dit qu?il était fréquemment de corvée des toilettes, alors que ses collègues le caporal M et le sergent R jouaient aux dominos.

Toujours dans sa lettre d?adieu, Ravee Chunurmun révèle qu?il y a d?autres éléments de la SMF qui sont ?torturés moralement?. Il suggère que ce département soit sous la responsabilité directe du CP Gopalsingh. Il demande qu?une enquête au plus haut niveau soit instituée et il avertit les autorités de tentatives de dissimulation (cover up).

Pour les parents, leur enfant a vécu un véritable calvaire à la SMF: ?Zot inn fer dominer ar li zot inn fini so lavi?, ont-ils déclaré en substance, notamment sa mère Meetrawtee, inconsolable. La version d?autres éléments de la SMF sera également considérée avant que l?enquête ne soit conclue.

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