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Le gouvernement Irakien instaure un couvre-feu à Bagdad
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Le gouvernement Irakien instaure un couvre-feu à Bagdad
Le gouvernement irakien cherche à prévenir des accrochages interconfessionnels et un couvre-feu a été mis en place à Bagdad et dans les trois provinces environnantes.
Les mesures sont draconiennes : selon des sources proches des services du premier ministre et du ministère de l?intérieur, la police a donné l?ordre d?arrêter ceux qui descendront dans les rues ou se rendront dans les mosquées dans la capitale. Le couvre-feu s?appliquera aussi aux provinces à population mixte de Salahaddin, de Diyala et de Babil au nord, à l?est et au sud de la capitale, et l?aéroport de Bagdad sera fermé.
Cette décision fait suite à plusieurs jours de violences meurtrières entre chiites et sunnites déclenchées par un attentat à la bombe qui a détruit mercredi à l?aube le dôme de la grande mosquée chiite de Samarra, au nord de la capitale.
<B>Les autorités appellent au calme</B>
Depuis, selon un bilan officiel, plus de 130 personnes ont été tuées, des dizaines de mosquées sunnites ont été attaquées à titre de représailles. Trois journalistes irakiens de la chaîne satellitaire Al-Arabiya, dont la jeune correspondante Atwar Bahjat, ont été enlevés et tués.
Les Etats-Unis, l?ONU et les dirigeants irakiens sont intervenus pour souligner la nécessité d?apaiser la situation afin que le pays ne bascule pas dans une véritable guerre entre la minorité sunnite naguère au pouvoir et la majorité chiite qui l?a supplantée.
Le président des Etats-Unis, désireux de voir progresser le retrait des troupes américaines d?Irak avant les élections au Congrès dans huit mois, a appelé au ?calme?. L?envoyé des Nations unies a invité toutes les parties à discuter pour trouver une issue à la crise la plus grave que l?Irak ait connue depuis l?entrée en guerre des Etats-Unis il y a trois ans. Mais d?importants dirigeants sunnites se sont retirés des discussions pour la formation d?un nouveau gouvernement issu du élections de décembre.
Les forces américaines se font discrètes dans la capitale. C?est donc la police irakienne, largement inexpérimentée, et l?armée qui sont en première ligne pour tenter d?arrêter les manifestations de protestations qui sont attendues .
Ce sera une journée test pour la loyauté des milices chiites, qui sont censées suivre les consignes des partis au pouvoir, qui ont lancé des appels à l?ordre, et pour la loyauté des soldats et de la police irakienne, formés par les Américains et dont une grande partie des membres sont issus de ces mêmes milices. L?imam radical chiite Moktada Al-Sadr et Abdoul Aziz Hakim, membre du puissant parti pro-iranien SCIRI, ont lancé des appels au calme. Mais leurs milices rivales, l?Armée du Mehdi et le mouvement Badr sont dans les rues.
<B>@ 2006 Le Monde-Distribué
par Lemonde.fr</B>
<B>Il est peu probable qu?une guerre civile éclate en Irak selon Downer</B>
«Il est peu probable que la situation échappe à tout contrôle en Irak», a déclaré hier le chef de la diplomatie australienne, Alexander Downer, malgré la récente flambée de violences constatée dans ce pays. Un couvre-feu est en vigueur à Bagdad pour contenir les violences entre chiites et sunnites qui ont fait plus de 130 morts depuis la destruction, imputée à Al Qaïda, du dôme d'un important sanctuaire chiite. «Il est évidemment regrettable qu'une mosquée ait fait l'objet d'une attaque aussi détestable», a déclaré Downer à des journalistes à Wellington, en Nouvelle-Zélande. «Je ne pense cependant pas que la situation échappera à tout contrôle.» Une guerre civile en Irak serait désastreuse également pour les Etats-Unis et leurs alliés, dont l'Australie, désireux de voir ce pays se stabiliser pour pouvoir en retirer leurs soldats. L'Australie a fait partie des premiers pays à rallier l'invasion de l'Irak par les forces américaines, et elle compte plus de 1.300 soldats en Irak et dans les environs. Downer a estimé que les efforts déployés par certains responsables religieux, et notamment par l'ayatollah chiite Ali al-Sistani, pour contenir les velléités de représailles d'une communauté visée par de nombreux attentats depuis la chute du régime de Saddam Hussein, permettraient d'apaiser les tensions. Certains observateurs craignent toutefois que Sistani, pour influent qu'il soit, ne puisse pas contrôler les éléments les plus radicaux de la communauté chiite. Le Premier ministre australien, John Howard, a quant à lui qualifié de «provocateur» l?attentat contre la mosquée de Samarra.
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