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Polémique sur l?impact réel du chikungunya

20 février 2006, 00:00

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Combien de personnes sont-elles mortes après avoir contracté le chikungunya, qui, depuis mars 2005, a touché 110 000 personnes sur l?île de la Réunion (750 000 habitants) ? Jusqu?à la fin décembre 2005, la question ne se posait pas, les autorités sanitaires faisant valoir que la littérature scientifique et médicale n?avait jamais établi de cas mortel associé à cette maladie virale.

La question prend aujourd?hui une autre ampleur après la décision de la direction régionale des affaires sanitaires et sociales (Drass) de saisir l?Institut de veille sanitaire (InVS) pour analyser la surmortalité enregistrée en 2005 à la Réunion qui est peut-être liée à l?épidémie.

Interrogé par l?Agence France-Presse (AFP), jeudi dernier à Saint-Denis de la Réunion, Philippe Quénel, spécialiste d?épidémiologie à l?InVS, a précisé que les travaux seraient menés ?à partir de la méthode utilisée en métropole pour évaluer l?impact de la canicule sur la mortalité en 2003?.

Il est établi qu?en 2005 ce département français a enregistré 388 morts de plus que l?année précédente ? 4 272 contre 3 884, selon la Drass. Soit une augmentation de 10 % par rapport au nombre annuel moyen (3 900) enregistré entre 1999 et 2004.

?Sans aucun doute, il y a un excès de mortalité dû au chikungunya. La question est de savoir quelle est la part attribuable à l?épidémie?, a déclaré M. Quénel, précisant que les spécialistes de l?InVS allaient ?construire un modèle statistique? afin de prédire ce qu?aurait été la mortalité en 2005 sans épidémie.

La Drass précise qu?en 2005 aucun certificat de décès ne mentionnait le chikungunya mais que 52 morts ont, depuis janvier 2006, été imputées directement ou indirectement à cette infection.

Jeudi dernier, la direction de l?InVS annonçait qu?elle opposait ?un démenti formel aux propos attribués par l?AFP au docteur Philippe Quénel?. ?Celui-ci n?a pas déclaré (...) qu?il existerait formellement un excès de morts dû au chikungunya?, affirme l?institut dans un communiqué. ?Je maintiens que M. Quénel a bien tenu les propos que j?ai rapportés et que j?ai enregistrés?, confirme de son côté Idriss Issa, correspondant de l?AFP sur place et journaliste au Quotidien de la Réunion.

Les résultats des simulations statistiques seront communiqués dans quelques jours à Xavier Bertrand, ministre de la Santé et des solidarités.

?Nous les rendrons publics?, précise-t-on auprès de M. Bertrand, où l?on ne cache pas une certaine irritation devant les ?déclarations contradictoires? de l?InVS sur un sujet qui va faire l?objet d?une mission parlementaire et qui met en cause la politique suivie depuis un an par les autorités sanitaires.

Jean-Yves NAU

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