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Kaya, l?immortel qui chante toujours à travers les autres?

20 février 2006, 00:00

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Il aura fait de nous des admirateurs. Il aura construit de sa sueur et de ses peines, un mythe. Une légende. Celle du ?roi seggae?. En sept années d?absence, Kaya ? Joseph Réginald Topize ? a bravé le temps des mortels. Il contemple son île Maurice comme il ne l?aura jamais fait durant sa vie d?avant ce 21 février 1999 fatidique.

Reprenant ses chansons, fouillant entre les lignes en prose, ses admirateurs et amis n?ont jamais cessé de lui rendre hommage. Kaya n?est pas oublié, il chante en silence à travers les autres.

Posant le genou sur le sol de la tombe de Kaya, le ministre de la Culture de ce 1er mars 1999, Joseph Tsang Mang Kin, a déclaré :?D?abord, il a porté en lui l?âme rasta, une douloureuse pérégrination vers les hauts lieux de la Lumière et de l?Amour?? Des paroles significatives.

La musique, celle dite seggae. Des notes pour se souvenir. Une chaîne d?artistes se sont voués de passion afin de mettre en mots leur ami. L?on retiendra de cette initiative, l?album Tribute to Kaya d?abord et Kaya Freeman dont la sortie était en 2002.

Des chanteurs de renom tels que Menwar chantant cette fois avec une interprète de chansons orientales, Indiva. Menwar, avec ses goûts de l?authentique, s?est plu à métisser au mieux de sa forme Rascouyon. Fusion de culture pour celui qui ?était un apôtre de la paix?.

Percy Arouff avait produit l?album à l?époque. Selon ce grand ami, ?il n?y a pas de moment propice pour rendre hommage à Kaya, son message est intemporel?. Jean-Jacques Arjoon, Serge Lebrasse et Sabrina Simiette s?étaient réunis. S?exerçant sur les chansons de Kaya, Simé La limière, Ki to ete, Rasin pe brile.

?Poète par excellence de la langue créole?

De lui, Sabrina Simiette, qui a évolué à ses côtés, a déclaré : ?Il fustigeait le racisme et prônait le mauricianisme : My people your roots are burning?. Plus que simplement adulé, Kaya est devenu une légende. Kaya ?a produit une musique forte qui a transcendé toutes les frontières. Kaya, c?est aussi un modèle de persévérance artistique?, affirme Jean-Jacques Arjoon. De son vivant pourtant, il n?aura pas été autant connu de son public.

Un autre artiste, Percy Yip Tong, qui a suivi de près les premiers pas de Kaya et surtout connu pour avoir produit son dernier album. Roots of seggae. Inscrit comme étant l?album marquant. En 2002, l?ami et producteur de Kaya, disait que ce dernier était pour lui ?le poète par excellence de la langue créole?. Il avait organisé un spectacle en hommage à l?artiste au théâtre de Saint-Gilles à la Réunion. Aujourd?hui encore, son discours demeure inchangé. Il raconte que les chants de Kaya sont repris régulièrement au cours des messes par les membres de la chorale.

Plusieurs concerts ont eu lieu depuis la mort du roi seggae. Celui d?Olivia laisse aussi son égratignure dans le domaine musical. Un concert réunissant en 2004, des artistes divers, venus un soir de pluie chanter leur souvenir ? Natir, Natty Jah, Ton Vyé, Ras Tilang, entre autres.

Bruno Raya, ne pouvait pas passer à côté des cinq années d?absences de Kaya. Il qui aura aussi amené deux hautes pointures du rap français, Pierpoljak et Daddy Mory, pour six heures de roots au stade Maryse Justin l?année dernière.

Se saisissant aussi de leur plume, des auteurs se sont confiés. Carl de Souza publiait en mars 2000 Les jours Kaya. Un roman fictif, ayant sur toile de fond un chanteur bafoué, assassiné. Ou encore, Lindsey Collen dans Mutiny. Ils étaient tous à la recherche de mots suffisamment puissants pour décrire celui qui s?en est allé si tragiquement. Des poètes comme des écrivains, la vie de Kaya a été décortiquée par de nombreux inspirés.

Des cinéastes ne pouvaient pas manquer cette occasion de faire parler le chanteur. Michel Vuillermet a produit un court-métrage sur l?artiste. 52 minutes de confidences. C?était un documentaire qui retrace la vie du chanteur. Zafair Kaya est un film qui montre Kaya au plus profond de ses émotions. Jusque dans les recoins de Camp Zoulou à Roche-Bois pour en finir à Alcatraz, ?lieu de la honte?.

Toutes ces preuves, ces hommages et témoignages intensifient le mythe Kaya. Sept années après sa mort, l?artiste vit toujours dans les esprits. Vivant dans le souvenir. Une page de l?histoire a été écrite : Kaya demeure toujours immortel.

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