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L?amour ambigu selon Jacques Prévert
L?amour. Un amour ?traqué, blessé, piétiné, achevé, nié?. Tantôt saigné à vif, tantôt traité avec candeur, l?amour a aussi été un thème inspirateur chez Jacques Prévert. Poète et cinéaste né un 4 février de l?an 1900. Ses poèmes qui effleurent l?amour, parlent un langage populaire.
Prévert est de ces poètes que l?on dit, sorti ?des rues?. Il est de ceux qui côtoient la langue française avec simplicité. Mais cette fois, Prévert ne parlera pas de sa vie. Il fera état de son ressenti face à l?amour en cette occasion de la Saint Valentin commémorée le 14 février.
Quand un amour est violent, fragile et tendre à la fois, il se fait homme. Aussi confus que l?être humain puisse être. Cet amour est un poème qui crie. Prévert y laisse volontiers une partie de lui. Il y étale : ?Notre amour reste là/ Têtu comme une bourrique/ Vivant comme le désir/ Cruel comme la mémoire?.
Il balaie ainsi le caractère de cet amour qui lui sort par les pores. Cet amour qui agrippe l?homme, qui sème en lui une confusion totale et absolue. Un amour à deux faces. Une émotion qui provoque certes un bonheur, mais comme le dit Prévert, c?est un bonheur ?avec les yeux cernés. Le bonheur avec des aiguilles de pins dans le dos?. Il ne fera pas état de ce sentiment en visionnaire pessimiste car l?amour selon lui, c?est celui des sacrifices et du c?ur. Un amour fougueux et confu à la fois. Un amour tremblant.
Entre les lignes de ce poète, il en ressort surtout une tendance à parler de l?enfance. L?enfance passée sur les bancs de l?école. Prévert n?a pourtant jamais cessé de faire référence à ce noble sentiment que l?on nomme ?amour?.
Dans le poème de L?automne, l?amour c?est celui qui ?frissonne?. Le poète porte en lui, une abilité à froisser et à émouvoir son lecteur. Nous ne pourrions pas pas dire que Prévert ?parle? d?amour, mais plutôt, Prévert le caresse dans le bon et le mauvais sens du poil. Ce langage paraît certes peu approprié, mais c?est ainsi langage populaire du poète.
Voilà comment Prévert parvient à nous dresser l?image d?un sentiment. En le personnifiant certes, mais on lui donnant l?occasion d?évoluer dans les rues. Chez les ?tout le monde?. Ce sont des mots utilisés au quotidien. Remarquez que sa poésie est libre. Elle est presque orale. Il n?existe ô que très rarement, des ponctuations. Car Prévert octroie au lecteur le droit de déclamer sa poésie comme il le souhaite. En mode accéléré, en intensité ou en douceur.
Dans le poème du Jardin, que de fragilité. ?Des milliers et des milliers d?années/ Ne sauraient suffire/ Pour dire/ La petite seconde d?éternité/ Où tu m?as embrassé/ Où je t?ai embrassée?. Là encore, on y parle de l?amour tendre, l?amour de jeunesse. Rempli d?hésitations, de gêne de l?exprimer librement.
C?est un amour inoubliable. Prévert prête une oreille attentive à cet amour et il le dit lui-même. L?amour c?est aussi celui qui ?nous regarde en souriant/ Et il nous parle sans rien dire/ Et moi je l?écoute en tremblant?.
Dans Pour toi mon Amour, il se permet des folies afin de capturer l?émotion. Il est s?en est allé dans le marché aux oiseaux, et il lui a acheté des oiseaux. Des fleurs au marché des fleurs aussi. Mais encore des chaînes au marché de la ferraille. Et là le poème se corse. Prévert se rattrape vite en affirmant : ?Et puis je suis allé au marché aux esclaves/ Et je t?ai cherché/ Mais je ne t?ai pas trouvé/ Mon amour?. Libre d?aimer. Aimer sans conteste, sans retenue, sans barrière. Sans faire de son amoureux, sa possession. Car l?amour des amoureux est une ?beauté fragile?.
Où se situe le réel dans tout cela ? Il est bien ancré dans nos sociétés. Le lecteur retrouve beaucoup de liberté chez ce poète. Après de multiples longs métrages et documentaires, entre autres, Prévert s?est mis à l?écriture à partir de 1931. Sa plume trace des mots simples à travers les poèmes comme Barbara ou Les feuilles Mortes. L?écrivain plonge aussi dans l?univers des enfants.
On lui doit Contes pour enfants sages en 1946, un dessin animé de La Bergère et le Ramoneur, épurant l?amour complexe. Un roi, aimant une bergère, mais celle-ci aimant un ramoneur. L?écrivain a aussi beaucoup fait dans le surréalisme à travers La pluie et le Beau Temps. Lyrique, conteur, dramaturge.
Il a toujours procuré à ses textes une sorte de musicalité qui aiguise l?envie du lecteur d?en savoir plus. Pour en revenir au thème de l?amour, il faut surtout dire que Prévert en parle avec une certaine ambiguité et une bouffé de fraîcheur. L?amour est une plante que l?on grandit, brave la vieillesse et tremble comme un enfant dans le noir. L?essentiel réside ici : l?amour est un muscle qu?il faut savoir apprivoiser.
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