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Tous SolidART
L?astre projecteur a ensoleillé ce bel après-midi de solidarité au stade Philippe Rivalland à Beau-Bassin. Un grand public, bien que timide, a répondu à l?appel lancé par la famille Duguesclin, la paroisse du Sacré C?ur et les deux têtes d?affiche du concert, le bluesman Eric Triton et les raggamen d?OSB. Sous un grand ciel bleu et les quatre couleurs de notre drapeau, les artistes au grand c?ur ont donné de la voix pour une même cause.
Même le Père Jean François Comole, de la paroisse du Sacré C?ur, a poussé mieux que la chansonnette en reprenant à merveille le célèbre titre de Bob Marley, Redemption Song, avec le groove et le blues qu?il fallait. Il a peut-être raté sa vocation.
En règle générale, tous les artistes ont su mettre le feu à la scène et le public a pu découvrir les jeunes talents de la scène locale en attendant de s?enflammer pour les noms plus connus. Une très bonne ambiance a régné pour mieux bénéficier des trois heures de bonheur offert par les artistes.
En première partie, Joëlle et Charlaine, deux jeunes filles de Beau-Bassin, qui ont interprété la chanson Vivre, de la comédie musicale Notre Dame de Paris.
Tous en choeur
Autre jeune talent, le rappeur Don Panik, qui a mis tout son c?ur et ses tripes pour chanter la solidarité. Le jeune chanteur a surtout fait vibrer la foule par son engagement artistique et l?originalité de sa prestation, puisqu?il était accompagné par un groupe de djembés et tambours. De quoi assurer le rythme de sa marche militaire pour Solda de l?unité.
Le groupe de hip hop Senfoni devait être la surprise de ce concert mais n?a pu se déplacer. Surprise surprise, le MC Mordikiss, accompagné de Azazel, la voix du hip hop du 10e district, Rodrigues. Difficile d?être auteur compositeur après deux groupes de rap et hip hop. Virage à 180° par Richard Beaugendre, assez bien négocié.
Seul en scène pour une première chanson, il a su éveiller les esprits de ceux qui ont écouté ses paroles. Pour un deuxième titre, accompagné par Antonio, à la mandoline, il nous présente même un morceau tout nouveau et tout beau. A suivi le quatuor de choc du Nas Trio, dirigé par le célèbre guitariste Steeve Deville. Un très bon blues, musicalement swinguant, porté par le sourire de Steeve Deville et des solos soignés, en plus de chansons très sympathiques.
Du blues pour annoncer le blues et son royal Triton, engagé volontaire et fer de lance de ce mouvement de solidarité.
Eric Triton que tout le monde attendait a réussi à faire se rapprocher une foule prête à vibrer et reprendre par c?ur et en ch?ur tous les titres du chanteur.
On ne saurait dire si l?on préfère Eric Triton en duo avec son génial percussionniste Frédéric Piot ou en formation avec de savants musiciens, Johnny Joseph à la batterie, Frédéric Grenade à la basse, Clifford Boncoeur à la guitare, Philippe Thomas à la trompette, Jocelyn Armandine au saxophone, José Mootoo aux percussions et la famille Beaugendre, aux ch?urs.
Dix artistes en scène pour une seule et même énergie concentrée et propulsée à coup d?arpèges et d?accords tout simplement délicieux.
Triton chante la solidarité mais n?oublie pas de pointer du doigt quelques-uns des maux de notre société, la drogue et l?alcool, le rhum qui tue. Il finira en toute beauté, en solo, avec ses accords venus d?ailleurs et son Blues dan Mwa que personne n?a pu s?empêcher de chanter à haute voix.
Avant de céder la place aux Cool Masters de Plaisance, le public a eu droit à une autre petite surprise avec un jeune groupe dont on réentendra sûrement parler, pour un ragga rapide et très dansant, en même temps qu?intelligent. Cool Masters rappellent en rythme qu?il ne faut pas acheter de «CD Copy» et précise même à la fin de la chanson que tous les artistes qui se sont présentés sur la scène doivent être respectés et qu?il faut acheter leurs albums originaux.
La nuit tombée, le soleil n?apporte plus de chaleur, mais le groupe de reggae Natir et les Ottentik Street Brothers savent bien comment faire remonter la température. Master Kool B, Blakkayo, Ti Kenzo et Dagger Killa ont réussi un court mais chaud bouquet final, pour clore un bel après-midi. Le temps s?est écoulé. Difficile de s?en rendre compte. Chose promise chose due, le spectacle était royal et l?engagement sincère. Une année qui commence par l?art et le partage ne peut s?annoncer qu?excellente.
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