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« Il faut préserver son capital de santé bucco-dentaire »

14 janvier 2006, 20:00

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<B>Quelles sont les activités entourant le jubilé d’or de la MDA, que vous célébrerez le 21 janvier ?</B>

Le jubilé d’or marque l’histoire de la Mauritius Dental Association (MDA) à Maurice. Nous avons été enregistrés en 1956 et nous regroupons environ 80 % des personnes exerçant cette profession dans le privé et quelques-unes du secteur public. Nous organiserons une cérémonie protocolaire en débutant avec l’hymne national pour remercier tous les patriotes, suivi des discours de divers intervenants, dont les représentants de l’ambassade de France et du ministère de la Santé.

Nous espérons accueillir le Premier ministre comme invité d’honneur. Ensuite, nous remettrons des oscars à douze dentistes qui ont contribué à l’avancement dans ce secteur. Nous lancerons un magazine souvenir, avec des articles très concis réalisés avec des dentistes. Il y aura également un dîner et un spectacle de danse exécuté par les enfants des dentistes.

<B>Les Mauriciens sont-ils conscients de la santé bucco-dentaire ?</B>

Je crois que la population n’est pas suffisamment consciente de sa santé bucco-dentaire. On a tendance à banaliser la chose. On n’arrive pas à relier la santé en général et tout ce qui touche aux soins bucco-dentaires. Par exemple, on ne pense pas que les maux liés aux dents peuvent affecter les organes comme le cœur, le visage, ou encore les reins. D’ailleurs, là où le bât blesse, c’est que c’est souvent lorsqu’on ne peut plus supporter la douleur que l’on se rend chez le dentiste.

Cela vient du fait qu’il y a toujours une grande peur de se rendre chez ce praticien. Il y a aussi un problème de financement car, à force de négliger ces dents, quand les problèmes surgissent, il faudra utiliser des traitements avancés et coûteux pour y remédier.

À Maurice, je pense qu’il reste beaucoup à faire pour mieux donner des informations et faire l’éducation des gens sur la santé bucco-dentaire. Par exemple, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), il y a un objectif qui a été établi, disant qu’en 2010, l’indice de Carie Absente Obstrué (C.A.O) d’un enfant de 12 ans ne doit pas dépasser le chiffre un. Qu’est-ce que cela implique ? Tout simplement que lorsqu’on ouvre la bouche d’un enfant de cet âge, il ne faut pas qu’il y ait plus d’une dent qui manque, une qui soit cariée ou qui ait été plombée. Les membres de la profession doivent, eux aussi, faire des efforts pour mieux donner les informations adéquates pour vaincre la peur qui entoure les visites chez le dentiste.

<I>« Même s’il est recommandéde se brosser les dents deux fois par jour, il faut recommencer l’opération si on a pris des antibiotiques »</I>

<B>Quels sont les problèmes dentaires les plus fréquents ?</B>

Chez les enfants, les plus courants sont les caries. Elles sont même considérées comme le quatrième fléau mondial après les maladies cardiovasculaires, le cancer et le sida. Il faut savoir que les caries entraînent diverses complications, notamment des douleurs, des infections et, bien sûr, la perte des dents. Et cela se répercute aussi sur l’économie quand le patient doit s’absenter et ne peut plus être productif.

Il existe également les maladies des gencives qui sont dues à un dépôt de tartre – la plaque minéralisée qui se trouve dans le voisinage des dents. Enfin, il y a la traumatologie. Cela se produit lorsque l’enfant fait des sports violents comme la boxe, le judo, et subit des fractures dentaires en les pratiquant. Chez les adultes, les maladies des gencives sont très fréquentes, de même que les dents manquantes qui ne sont pas remplacées. On ne s’en rend pas compte, mais une dent permanente arrachée perturbe tout le système de mastication et a des répercussions sur la denture.

<B>Le marché de l’hygiène bucco-dentaire, qui était pendant longtemps limité au dentifrice, a beaucoup évolué. Quelle est votre perception de ce phénomène ?</B>

Dans notre société, il y a un souci de l’esthétique, surtout pour le sourire. Ainsi, le marché de l’hygiène bucco-dentaire a connu une nette progression, avec l’apport de diverses pâtes à dentifrice, des brosses à dents électriques, du fil dentaire, des solutions et autres produits buccaux qui aident à blanchir les dents et à enlever les taches. C’est une bonne chose, car cela aide les gens à être mieux sensibilisés à la santé bucco-dentaire. Il y a d’ailleurs des recherches qui sont effectuées en Europe et aux États-Unis pour identifier des équipements et les produits plus performants pouvant aider à traiter les dents.

À Maurice, il n’y a guère de recherches, car nous ne disposons pas des moyens pour fabriquer les équipements. Donc, nous devons les importer. Je pense qu’il devrait y avoir une participation plus active de l’État et du secteur privé à ce niveau, car il y a un grand rôle social à assumer pour ce qui est de la santé bucco-dentaire. Il faut préserver son capital santé à ce niveau-là. Par exemple, nous allons dans les écoles et nous effectuons des causeries, des démonstrations de brossage et nous répondons aux questions. Ce qui est dommage, c’est qu’il n’y ait pas assez de volontaires pour prendre part à ces activités.

<B>Comment prévenir les maux de la bouche ?</B>

La prévention commence d’abord par la brosse à dents, une alimentation non cariogène et un apport fluoré dès le plus jeune âge. Il faut promouvoir l’éducation dentaire des patients et ce dès le plus jeune âge. Pour les enfants, le rôle des parents et des instituteurs est très important, de même que l’alimentation. Par exemple, il faut leur donner beaucoup d’eau au lieu des boissons gazeuses, de même que des produits laitiers et des fruits.

L’hygiène du soir est aussi importante. Même s’il est recommandé de se brosser les dents deux fois par jour, il faut recommencer l’opération si on a pris des antibiotiques ou des sirops pour la toux. De plus, la brosse à dents doit avoir une petite tête souple pour atteindre les différentes zones de brossage. Il ne faut pas trop mettre de dentifrice et faire attention aux pâtes aromatisées. En général, un brossage de trois minutes est conseillé.

On peut aussi utiliser des compléments en fluor, car celui du dentifrice est insuffisant. Il ne faut pas non plus négliger les dents de lait, car si elles tombent plus tôt que prévu, cela peut limiter la formation d’autres dents. Pour les adolescents, il est recommandé de procéder à des plombages préventifs pour protéger les dents. Pour les adultes, il faut soigner les caries dentaires à leur début, procéder au détartrage une fois par an, et ne pas fumer car cela abîme les dents et peut entraîner le cancer de la bouche.

<I> Propos recueillis</I> <B>par Melhia BISSIÈRE</B>

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