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Ben Payen, coordinateur du « Neighbourhood Watch » de Quatre-Bornes :

14 janvier 2006, 20:00

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<B>Qu’est-ce que « Neighbourhood Watch » et comment fonctionne-t-il ?</B>

Neighbourhood Watch est une association dont le but est de faire la liaison entre la police et les voisins. Par exemple, si les habitants d’une localité constatent qu’il y a quelque chose de louche qui pourrait menacer leur sécurité, ils s’en informent et on essaie de voir ensemble, au niveau de Neighbourhood Watch, comment y remédier. Si besoin est, on fait appel à la police. L’association a été lancée, peu de temps après l’assassinat d’un habitant de St-Paul à son domicile. Après ce meurtre, nous avons pris conscience que nous ne sommes pas à l’abri, et qu’il y a beaucoup de personnes, surtout les plus âgées, qui sont plus exposées à ces risques.

Forts de cela, nous avons regroupé les voisins du quartier et les membres de la Crime Prevention Unit (CPU) pour donner des conseils pratiques et éviter de se mettre en position de faiblesse. Nous ne sommes pas là pour nous suppléer à la police, mais pour lui donner un coup de main. C’est d’ailleurs un bon partenariat voisins/police. Nous voulons faire en sorte que la vie soit plus agréable.

À regarder la télévision et à lire les journaux, on note que la criminalité augmente. Nous organisons des réunions et passons en revue les problèmes du quartier et nous faisons un rappel des choses à faire et ne pas faire pour ne pas être victime, par exemple, des vols. Il faut se dire aussi qu’il y a le voleur, il y a la cible et aussi un élément qui le favorise : l’opportunité. Par exemple, si on laisse la porte ouverte et qu’on part de chez soi pendant plusieurs jours sans en informer le voisin, tout cela génère des opportunités. Je ne dis pas qu’on va arrêter les vols mais on peut éviter ces situations dont nous serons victimes.

<B>Le citoyen se montre-t-il solidaire vis-à-vis d’autrui ? Doit-on intervenir face au crime ?</B>

Je pense que les Mauriciens ne sont pas assez solidaires. Il y a un cer-tain égoïsme. Grâce à nos réunions, on s’est rendu compte que bien des voisins habitent l’un à côté de l’autre sans pour autant se connaître. Pourquoi ?

Parce qu’on a tendance à se dire que c’est chacun pour soi et Dieu pour tous ! Cette conception favorise hélas les attaques des voleurs. Notre rôle, c’est vraiment de promouvoir la prévention car nous ne sommes pas à l’abri de la délinquance. Il faut être courageux et avoir le sens de l’altruisme.

Il faut se dire que même si à titre individuel on se sent protégé, on a aussi un rôle à l’égard de la société et devons agir en conséquence.

<B>Comment peut-on contribuer à réduire le taux de criminalité ?</B>

Si chacun donne un petit coup de pouce, on pourra mieux combattre le crime. L’union fait la force. Je crois au Neighbourhood Watch. C’est un combat sans relâche, la bataille est permanente. Il faut que chaque personne s’y mette. Je pense aussi aux ONG qui peuvent aider à la réhabilitation et à la réinsertion des prisonniers. Il n’y a pas assez d’efforts faits à ce niveau et il existe un fort risque de récidive.

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