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L?album de tous les espoirs
C?est l?histoire d?un cuisinier devenu chanteur. Comme il prépare des plats alléchants pour ses clients, il propose d?en faire autant avec son premier album. Un disque qui n?aurait sans doute jamais vu le jour s?il n?avait été lauréat du concours de séga typique Sofé
Ravann. Un tremplin nécessaire, qui lui a permis de taper dans l??il de Gérard Louis, alors membre du jury. La vie somer, chanson devenue emblématique pour lui, composée par son frère Christian, déroge pourtant des «valeurs» du séga typique. Même si le rythme y est, que la ravann, le maravann et le traingle y résonnent allégrement, La vie somer possède une conscience sociale indéniable.
L?album s?évadera ainsi des préceptes du séga typique, pour laisser place parfois à la pause, souvent à la réflexion, voire au silence. En jouant également sur le registre du séga d?ambiance, le disque dessinera un univers mauricien, allant de la conscience sociale à la fantaisie de l?amusement. L?ancrage de Renal Trapu sera parfois traditionnel, parfois festif, mais toujours vrai. Ce sera un dispositif sobre, ouvert aux attentes du public.
«Li pa question decevoir piblik. Mais Gérard Louis, mo producter, en ki mo ena full confians, ine explik moi ki mo manier sante, li aussi proche ar sega l?ambians. Mone ekut li ek mo sir ki piblik pou comprend valer sa travay la,» explique Renal Trapu.
Cet homme dont la corpulence s?impose d?emblée, sourit de la chance qu?il a. Sorti de derrière ses fourneaux, pour se confier sur ce projet de disque, il parle avec une touchante modestie, avec en plus, cette simplicité propre aux gens heureux, reconnaissants, quand la vie leur fait un cadeau. «Faire la mizik li pa fasil. Bann artis ki bien installe, zot ress la haut, tandis ki bann ki envi debite, pena aukaine moyen fer li, a moin enn mari
couraz ek sans, ou alors zot fer kouma mwa, zot fer bann koncour.»
Depuis 1996, les frères Trapu, Christian et Renal, flirtent avec le concours Sofé Ravann. Christain y était candidat d?abord. Sa malheureuse élimination, a convaincu Renal de s?inscrire à son tour. Quelques problèmes de santé ont freiné son élan en 2001, mais il s?est retrouvé en lice en 2004.
Dans la famille Trapu, la musique et le séga typique occupe le haut de l?affiche depuis toujours. Chez eux, on chante pour égayer le quotidien ou pour marquer d?une pierre blanche diverses occasions. Jean-Pierre, l?autre frère, est membre du Police Band. Renal et Johane, la petite s?ur, jouent de la ravann. Le père et le grand-père étaient eux aussi musiciens. «Noun tou le tan sante, amize en famille. Sega ena sa notion reunir, rassembler ek partaze,» explique Renal Trapu.
Cet habitant de Cité Briquetterie, père de deux enfants, que l?on dit généreux et sympathique, exigeant dans son travail, a déjà commencé l?enregistrement de son premier album. Ce sont des moments stressants parfois, enrichissants à d?autres, avec lesquels Renal Trapu aiment composer. Il s?appuie sur ses camarades musiciens et son producteur, pour puiser le meilleur de lui-même. «Mo bizin fer tou pou ki piblik ki pe attane sa premie album la, satisfait li fine attane otan.» L?album, qui devait être disponible pour la fête de Pâques l?année dernière, sera prêt pour Pâques 2006.
Et tant pis si le piratage gangrène la musique locale, il n?arrêtera pas la créativité.
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