Publicité
Mettre des ?illères et foncer sans réfléchir
Par
Partager cet article
Mettre des ?illères et foncer sans réfléchir
Objectif 4 A+ ! C?est à cela que se résume dorénavant l?éducation pour plusieurs milliers d?enfants. Cela grâce à la formidable décision du gouvernement, qui ne tient sur aucun fondement pédagogique, de réinjecter une très forte dose de compétition au niveau du «Certificate of Primary Education» (CPE).
Fini la récré, c?est le dur labeur qui prime. Oubliés le sport, les loisirs, les moments de joie entre camarades, il faudra se retrousser les manches et foncer sans regarder à droite ou à gauche. Les yeux rivés sur les cahiers et les heures libres optimisées en suivant des leçons particulières. C?est à cela que se résumera le quotidien des enfants dès la «Standard III» jusqu?aux examens du CPE.
C?est également fort probablement à cela que se résumera le mandat de Dharam Gokhool, ministre de l?Education. C?est du moins ce que l?on en retiendra. Et si nous voulons vraiment cela pour nos enfants, cela signifie qu?ils ont un véritable problème?
En cédant aux lobbies, construits autour d?arguments pas très avouables et émanant principalement d?un certain milieu, le gouvernement étouffe sa propre réforme éducative. Le voeu du ministre Gokhool d?amener l?éducation nationale à un niveau de classe mondiale demeurera fort probablement dans les starting-blocks. Et c?est son propre gouvernement qui dresse les obstacles, qui vont rapidement se révéler insurmontables. Fait assez rare pour être souligné !
Comment apporter du changement au primaire lorsque toute l?attention sera focalisée uniquement sur les quatre sujets contrôlables sur lesquels l?enfant sera amené à se concentrer pour les examens du CPE ? Etant donné que seuls les 1 260 meilleurs résultats du pays permettront d?avoir une place dans un des neuf collèges nationaux, les parents et enseignants se concentreront uniquement sur l?essentiel, ces quatre matières. Tout le reste deviendra facultatif. Pour des réformes, pédagogique et curriculaire, il n?y a guère de place.
Dans tout ce débat, plusieurs questions doivent être posées. Est-il juste de transformer son enfant en machine à apprendre quatre matières pour pouvoir faire son entrée dans un collège national ? La performance est-elle la seule exigence de notre enseignement ? Ce qui est sûr, c?est que le gouvernement se trompe lourdement en croyant que c?est cela l?éducation.
Et un ministre qui dit que c?est aux parents de prendre leurs responsabilités, cela relève de l?insouciance. C?est feindre l?ignorance et n?est certainement pas digne d?un ministre titulaire d?un dossier aussi sensible que celui de l?Education nationale. Il faut en effet un certain toupet pour mettre les Mauriciens devant le fait accompli et se défiler en jetant la responsabilité sur d?autres.
Dans tout ce tumulte, l?on a oublié une chose : le taux d?échec au CPE. Année après année, il continue à flirter avec les 40 %. Il faut bien se rendre compte d?un fait. Sur quelque 30 000 candidats qui participent aux examens du CPE, seuls 4 500 d?entre eux sortiront de notre système éducatif avec un «Higher School Certificate» en poche. Et le gouvernement a l?audace de donner priorité à 1 260 élèves en corsant les règles du jeu. Que la démocratisation de l?éducation semble loin...
Publicité
Publicité
Les plus récents