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Contradictions entre les intentions de la réforme et sa mise en ?uvre
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Contradictions entre les intentions de la réforme et sa mise en ?uvre
Conformément aux instruments internationaux de protection des droits de la personne et aux traditions constitutionnelles, des Etats dont l?Etat mauricien, signataires de maintes Conventions pour les droits de l?enfant, se doivent de veiller au principe de l?égalité d?accès à l?éducation, dont découlent les principes de gratuité de l?enseignement et de non-discrimination. Sur le plan plus pédagogique, l?école doit viser le plein épanouissement de l?enfant, la créativité, l?esprit critique, l?éveil aux arts, une sensibilité par rapport aux valeurs humaines qui permettent la réalisation de la paix, la cohésion sociale et le respect de la dignité humaine. Ces aptitudes et valeurs s?ajoutent aux savoirs et savoir-faire (incluant celles relatives aux nouvelles technologies de l?information) traditionnels. En un mot, l?école est là pour former le citoyen de demain.
Nous mentirons si nous affirmons que les différents gouvernements mauriciens n?ont pas tenté de respecter ces principes. Notre pays a une école démocratique en termes d?accès. Le cadre législatif et structurel pour une éducation de base obligatoire de cinq à seize ans est posé. Un pas important en direction de l?extension en amont de cette prise en charge de notre population enfantine par l?école est acquis depuis la provision d?accueil d?enfants de quatre ans dans les unités-centres préscolaires rattaché(e)s aux écoles primaires. En revanche, la question de la qualité de la relation et de la transmission pédagogiques devant assurer les conditions matérielles, relationnelles et intellectuelles de la réussite scolaire pour tous, reste l?aiguille au talon d?Achille de notre école.
La décision de créer des écoles secondaires nationales destinées aux ?meilleurs? élèves soulève des questions largement abordées dans la presse. Les retards en matière de pédagogie dans le système éducatif mauricien et signalés dans le rapport Meade à la fin des années 50 ont été amplifiés par l?incapacité de l?école mauricienne à se renouveler. L?essentiel de l?énergie de la communauté mauricienne doit être orienté vers une éducation de qualité. Celle-ci est incompatible avec un système marqué par la compétition à outrance. L?introduction des collèges nationaux et la compétition qui en découlera est une décision contradictoire avec celle, attendue par toute la population, d??uvrer vers la qualité, l?excellence.
Sur le plan social, un Etat doit garantir au moins une répartition équitable de ses ressources . Dès les années 60, dans le cadre d?une politique dite de discrimination positive, des pays ont tenté de fournir plus de moyens (financiers et techniques) là où les conditions sociales et économiques sont les plus difficiles, et, ce qu?on oublie de dire, là où les ? déficits culturels ? (nous mettons entre guillemets ce terme qui constitue un jugement de valeur) entraînent l?échec scolaire. A Maurice même, les ?Project Schools? et ZEP vont dans le sens d?un soutien prononcé à ceux qui en ont besoin. Cette démarche est une indication claire de la générosité des Etats. Elle renvoie à la lucidité des gouvernants qui savent que la distribution la plus équitable des richesses est une des conditions de la paix sociale.
Pour toutes ces raisons, nous sommes d?avis que la décision d?introduire les collèges nationaux est une tentative de constituer une élite à un âge trop précoce. Cela n?empêche pas l?Etat de réfléchir à une stratégie appropriée pour faire émerger une élite dont le pays a besoin à l?aube d?une nouvelle transformation de notre économie.
<B>Rada TIRVASSEN, Moozna AULEEAR OWODALLY,
Nita RUGHOONUNDUN-CHELLAPERMAL, Assodah TIRVASSEN</B>
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