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L’automobile en Europe de l’Ouest un joyau menacé ?

27 décembre 2005, 20:00

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Klaus Ehlers croyait à un avenir brillant lorsqu’il signa comme apprenti chez Opel il y a 26 ans. Travailler dans le gigantesque complexe de brique rouge qui domine sa ville natale de Rüsselsheim, c’était un peu comme décrocher le billet gagnant à la loterie. “Pour moi, il y avait l’argent bien sûr. Mon père aussi avait travaillé à Adam Opel AG. J’avais une chance rare, celle de pouvoir choisir entre trois apprentissages, et je me suis décidé pour Adam Opel”, raconte Ehlers, attiré par la formation de haut niveau prodiguée par le constructeur.

Aujourd’hui âgé de 42 ans, Klaus Ehlers travaille toujours chez Opel, supervisant l’assemblage des véhicules. Mais la maison mère, General Motors, a prévu de réduire d’un cinquième ses effectifs en Europe de l’Ouest. Et comme des milliers de collègues, Ehlers se demande s’il ne sera pas la prochaine victime de la vaste campagne de réduction des coûts et de suppressions de postes engagée par les constructeurs automobiles pour faire face à une érosion des ventes, à des surcapacités de production et à la concurrence asiatique.“Personne ne s’intéressera à moi quand j’aurai 52 ans. Je serai trop vieux. Je ne sais pas, je trouverai peut-être un emploi de vigile à 6,50 euros de l’heure”, dit-il. Les constructeurs japonais ou coréens continuent de gagner des parts de marché grâce à leurs voitures fiables et abordables. Et la tendance devrait se renforcer avec les investissements qu’ils réalisent en Europe de l’Est, où la main d’oeuvre est moins chère, pour se rapprocher du marché européen.

“Les Européens doivent s’attendre à des décennies de pression de la part des constructeurs asiatiques à moindre coût, transformant la restructuration en un processus permanent”, estimait récemment la banque suisse UBS dans une note à ses clients. “Cette restructuration est une question de survie, pas d’enrichissement des actionnaires.”

Plusieurs milliers de postes doivent être supprimés chez Volkswagen, sa filiale espagnole Seat ou chez Mercedes Group, qui appartient à DaimlerChrysler. Ford Motor compte également éliminer 2.600 postes cette année en Europe alors même que ses usines tournent près de leur pleine capacité depuis de précédentes fermetures de sites et suppressions d’emplois. De nombreux analystes pensent aussi que Fiat doit réduire sa capacité de production en Italie et y tailler dans ses effectifs. L’administrateur délégué du groupe Sergio Marchionne a toutefois estimé récemment que la solution aux problèmes de Fiat Auto n’était pas de fermer des usines.

La baisse d’activité dans l’automobile se répercute en général sur l’ensemble de l’économie, en raison du poids du secteur, qui représente plus de 6% de l’emploi industriel de l’Union européenne. En Allemagne, un emploi sur sept dépend de l’automobile. L’Europe a fabriqué l’an dernier près de 20 millions de véhicules, soit le tiers de la production mondiale.Mais les dirigeants de l’industrie, comme le patron de Volkswagen Bernd Pischetsrieder ou celui de Ford Europe Mark Fields ont averti que la construction automobile était menacée à moins de devenir plus compétitive.

<B>Michael SHIELDS</B>

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