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Fin des travaux du nouveau marché de Curepipe
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Fin des travaux du nouveau marché de Curepipe
Il est toujours intéressant de demander aux Curepipiens ce qu?ils pensent de leur marché municipal ouvert, à tous les vents généraux, depuis le 26 décembre 1980 et qui remplace l?ancien, à belle verrière, détruit par le cyclone Carol de sinistre mémoire (28 février ? 1er mars 1960). Le moins qu?on puisse dire c?est qu?il n?a pas bonne presse. On lui reproche d?être un des nids à rats les plus prolifiques de l?île, au grand dam des infortunés riverains et de ceux contraints à travailler dans ses abords immédiats. D?autres n?ont pas assez de mots pour qualifier adéquatement la saleté chronique des verrières, transparentes au départ, mais rendues opaques depuis en raison des couches successives de crasse qui s?y accumulent au fil des ans. La moisissure, couvrant les murs de ses tourelles, est assez laide et repoussante pour permettre à une majorité de passants de considérer leur transformation en touques de peinture publicitaires comme un moindre mal.
En passant en revue nos journaux, on peut ainsi trouver, en vrac, les réflexions suivantes concernant le marché de Curepipe : il y règne un manque d?hygiène flagrant (29.6.05) ; vente de nourriture contaminée (5.6.04) ; foire aux microbes et rapport défavorable de la Santé sur une situation jugée préoccupante (6.5.04) ; pas de rénovation en vue parce que le marché se trouve sur le tracé du projet de métro léger (8.5.04) ; guerre aux microbes, le maire Akmed Mohamed se transforme en foreman pour suivre les travaux en cours au Food Court, présence de microbes d?origine fécale d?animaux dans les échantillons de nourritures offerts en vente (20.5.04) ; emplacement du nouveau marché désigné prochainement, un bientôt qui dure plus longtemps que prévu (8.8.03) ; 8 cas de vol par effraction (7.6.03) et ainsi de suite.
Pourtant au moment de sa construction, le nouveau marché de Curepipe est qualifié de futuriste après que les échafaudages l?entourant, pendant une partie de la durée des travaux, eut transformé le site en un orgue géant de toute beauté photogénique. Son concepteur, l?architecte Marc van Newenborg, affirme penser d?abord au bien-être de l?homme. Il insiste que l?administration municipale curepipienne et les habitants de la ville doivent endosser leur part de responsabilité dans la réalisation de cet ouvrage car il est le résultat d?une communication entre les parties concernées. Il estime le travail d?architecte comme un de synthèse, l?architecte coordonnant les idées exprimées de part et d?autre, en vue de constituer, non pas un bâtiment, mais un cadre de vie et de travail des hommes. La communication et les relations entre les hommes sont donc des maîtres-mots en architecture. Les architectes doivent s?associer, non pas pour créer des villas individuelles, mais pour répondre ensemble aux besoins vitaux de la société, besoins en habitat mais aussi en infrastructures de base. Il leur appartient de démystifier les parties techniques du bâtiment. L?homme doit davantage les intéresser que la technicité des matériaux requis.
La profession est difficile car elle exige des qualités qui ne s?apprennent pas. A la communication et à la coordination s?ajoute l?esprit de synthèse. Le métier est toutefois aussi passionnant que la vocation médicale ou? politicienne. La qualité des relations déterminera celle de l?architecture et de ses ?uvres. Les choses se compliquent quand l?architecte n?est pas en communication directe avec son ou ses clients mais doit passer par l?intermédiaire de leurs représentants, comme dans le cas d?une administration municipale. Marc van Newenborg insiste également sur l?intégration de toute ?uvre dans un ensemble. Cela est capital. La réglementation de l?intervention des architectes exige une définition de la création du cadre de vie des habitants, d?un pays donné. En amont du marché de Curepipe, il y a l?indispensable restructuration du centre de cette ville qui doit recevoir un caractère plus unitaire, plus urbain.
Les critiques ne manquent déjà pas, en 1980, à l?égard du nouveau marché. A cela, Marc van Newenborg répond qu?un sondage a révélé qu?une majorité de Curepipiens souhaitent la construction d?un nouveau marché. Le nouveau marché répond aux souhaits des Curepipiens. Les autorités municipales ont exigé un marché pas plus grand que l?ancien, compte tenu de leur politique de décentralisation par opposition à un marché unique. Un marché à étages, comme préconisé par certains, ne marche jamais. Aucun marchand ne veut monter à l?étage et céder le rez-de-chaussée à la concurrence. L?idée directrice du marché de Curepipe est d?exposer à la vente des légumes et des fruits éclairés par la lumière du jour. Les étales en pyramide arrangés en cercle bénéficient de la lumière zénithale. L?avantage est appréciable dans une ville aussi grise que Curepipe. La maquette du projet a été unanimement accueillie. On n?a pas voulu un marché avec une porte d?entrée mais d?un qui ouvre sur la rue. Le pourtour sert de parkings couverts (mais aux maraîchers) facilitant aussi l?accès par tous les temps. Dans un pays cyclonique, on ne construit pas comme à Paris ou à New York. Si le résultat ne cadre pas avec le pays c?est que le travail d?adaptation n?a pas été fait, conclut Marc van Newenborg.
Le nouveau marché de Curepipe est opérationnel depuis le 26 décembre 2005 (25 ans dans quelques jours). Aux Curepipiens de dire s?il répond à leurs besoins et à leur attente.
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