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Ponsamy Poongavanon ou l?écriture libératrice
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Ponsamy Poongavanon ou l?écriture libératrice
La cour d?une prison? Il serait difficile d?imaginer un lieu plus insolite et, surtout, plus émouvant pour le lancement d?un livre. Mais c?est bien à la prison ouverte de Richelieu qu?a été présenté le recueil de nouvelles du détenu Ponsamy Poongavanon, intitulé Enfance brisée et autres nouvelles.
Entouré de sa mère, de son frère, des gardiens de prison et de ses co-détenus, cet homme, qui a passé les 20 dernières années de sa vie derrière les barreaux, a fait un discours poignant sur le pouvoir cathartique et rédempteur de l?écriture.
?Depuis ma condamnation à mort en 1987, l?écriture est devenue mon refuge, un antidote à ma souffrance mais aussi et surtout un exercice spi-rituel qui m?aide à me sentir libre en esprit malgré les contraintes, explique-t-il à un auditoire attentif. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, la prison m?a libéré l?esprit, a fait de moi un modeste penseur libre, me permet de réfléchir sur les faits de société et d?apporter ma petite contribution à une meilleure prise de conscience.?
La prison à vie, lance-t-il, ne signifie pas nécessairement la fin de celle-ci, même s?il il est vrai que la réclusion requiert un renforcement drastique des capacités émotionnelles et spirituelles. Qui plus est, le pri-sonnier bénéficie de temps libre ?en abondance?, ce qui lui permet de ?réfléchir, penser, créer ?. ?J?ai profité de mon temps libre ici pour donner libre cours à des réflexions sur les problèmes de société.?
?Adulte en miniature?
Et des problèmes, il en a relevé une multitude. ?Dans notre monde actuel, dans notre monde qui se déshumanise, l?enfant n?est plus considéré comme tel mais comme un adulte en miniature. Engagés que nous sommes dans cette course effrénée vers le matérialisme, nous ne réalisons pas le tort que nous sommes en train de faire à nos enfants. Pour nous, seul le plaisir compte.?
Cet ancien condamné à mort a également lancé un appel fervent pour la mise en place d?une ?sorte de mécénat structuré et performant pour que les ?uvres littéraires, musicales et autres puissent fleurir en prison?. Car dans le milieu carcéral il y a des talents, de ?nombreux chanteurs, poètes et écrivains de grand talent. Sans les mécènes, la publication de leurs textes ou l?enregistrement de leurs ?uvres musicales ne peut se faire.?
Ponsamy Poongavanon a aussi souhaité partager un peu de sa sagesse durement acquise au fil des longues années d?incarcération. ?Je voudrais dire aux victimes, qu?au fond du gouffre il y a toujours une main qui se tend et qu?il ne faut pas hésiter à la saisir. Il ne faut jamais désespérer des hommes, même quand certains d?entre eux nous blessent, nous briment, nous humilient.?
Des mots qui inspirent avant tout sa mère, Allmel, 75 ans. ?Larm dilo koule mem?, dit celle qui a du mal à vivre sans son fils?
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