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CEB : Le désastre financier

16 décembre 2005, 20:00

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La direction du Central Electricity Board (CEB) met en garde : les finances de l?organisme sont dans le rouge. Une hausse des tarifs de l?électricité est l?une des possibilités à l?étude pour redresser la barre.

Patrick Assirvaden, le président du CEB, a annoncé hier un plan de redressement financier de l?organisation. Parmi les principales mesures arrêtées, la décision de geler le projet de construction d?un nouveau quartier général à Ebène. «Nous n?avons pas d?argent. Nous ne pouvons pas nous permettre un tel investissement pour le moment.»

Il tire à boulets rouges sur l?ancienne administration et l?ancien régime pour avoir légué «un lourd héritage» à l?équipe dirigeante actuelle. Un des principaux faits reprochés sont les pertes accumulées de Rs 2 milliards de 2000 à 2005. «Si rien n?est fait, nous allons nous retrouver avec un déficit additionnel de Rs 1,3 milliard», prévient-il.

Il dénonce une mauvaise gestion financière de l?organisme dont une politique de stocks jugée insoutenable. «Il est inconcevable que le CEB dispose de stocks d?une valeur de Rs 1 milliard environ. Nous avons dans les magasins des pièces qui ont été achetées en 2001. Il nous faut absolument alléger nos stocks et libérer les capitaux qui y sont bloqués.»

<B>Remboursement en excès d?un prêt</B>

Patrick Assirvaden évoque, d?autre part, un remboursement en excès d?un prêt de Rs 2 milliards contracté auprès de l?ADF, une institution bancaire française. Il reproche à l?ancienne administration de n?avoir pas exigé une révision du taux d?intérêt lorsque le franc passait à l?euro en 2002. «Nous avons essuyé des pertes de Rs 128 millions en raison de ce manquement. Nous allons exiger des remboursements auprès de l?ADF. »

Le président critique aussi d?autres décisions, dont l?achat d?un logiciel SAP au coût de Rs 150 millions, mais qui ne couvrirait pas toutes les opérations financières du CEB.

<B>Explosion des cours péroliers</B>

C?est cependant le coût de l?huile lourde qui perturbe le plus la trésorerie. L?explosion des cours pétroliers sur le marché mondial a provoqué une hausse considérable des coûts d?opération du CEB. Le fioul coûte Rs 2,4 milliards par an à l?organisme.

Il entend donc réduire sa dépendance aux produits pétroliers en explorant d?autres types d?énergie, dont le charbon. Il a déjà lancé des appels d?offres pour la construction d?une centrale électrique utilisant uniquement le charbon à Montagne Jacquot. «Si les producteurs indépendants peuvent produire à partir du charbon, je ne vois pas pourquoi le CEB ne peut pas, lui, envisager cette option.»

D?autres sources d?énergie telles les systèmes éoliens et la génération d?électricité à partir des vagues sont à l?étude.

D?autre part, le CEB met en place une politique de couverture afin de mieux gérer les mouvements adverses dans les taux de change qui font gonfler la note des produits pétroliers. Les fluctuations dans le taux de change ont fait perdre Rs 384 millions à l?entreprise en 2004 et Rs 36 millions en 2005. Les pertes pour 2006 sont estimées à Rs 136 millions.

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