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Pantalonnade

13 décembre 2005, 20:00

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<B>Par Stéphane SAMINADEN</B>

Ainsi le gouvernement a choisi de faire marche arrière ? ou plutôt à demi ? sur le dossier du lait en poudre. Il a choisi en catimini, vendredi 9 décembre, d?accorder une marge plus importante aux importateurs et distributeurs de lait en poudre pour tenir compte des frais locaux, notamment ceux de l?empaquetage.

Ce recul du gouvernement est de bon augure. Mais il témoigne aussi de l?amateurisme des autorités qui avaient donc décidé, sans consultation, et avec une apparente méconnaissance du dossier, d?introduire arbitrairement un contrôle sur les marges des opérateurs du secteur.

En se ravisant, le gouvernement avoue donc qu?il s?était lourdement trompé en voulant ?put the people first ? à n?importe quel prix. Au prix de vouloir faire croire à la population qu?il y avait des commerçants malhonnêtes qui les abusaient impunément. Au prix de vouloir faire croire ? à coups de faussetés sur les chiffres ? que le profit était honni.

Au prix aussi de se mettre à dos un secteur privé déjà préalablement refroidi par le discours et la posture de l?Alliance sociale contre le ?grand capital?. Que dira le gouvernement aujourd?hui à ceux qui ont déjà perdu leur emploi dans le secteur de l?empaquetage du lait ? Que c?était une pantalonnade ?

Mais en même temps, la volte-face du gouvernement sur le lait, de même que sa volonté de tenir compte de la réalité des prix sur le gaz ménager, témoigne peut-être d?un retour aux réalités économiques.

Après avoir cru et voulu faire croire que l?Hôtel du gouvernement est omnipotent, il semble donc que Navin Ramgoolam et son équipe, rattrapés par la vérité des chiffres, ont enfin compris que le marché a ses raisons que le social ne peut ignorer. Rama Sithanen aurait-il finalement fait entendre raison à Rajesh Jeetah ?

D?autre part, il y a eu la semaine dernière un autre signal fort que l?économie serait enfin revenue au c?ur des débats. La hausse brutale de cent points de base des taux d?intérêt, même si elle était réclamée depuis longtemps par les analystes, a surpris par sa promptitude, quelques jours seulement après avoir annoncé la couleur lors du dîner de fin d?année de la Banque de Maurice.

La Banque centrale a donc su donc trancher entre une roupie qui battait de l?aile et les récriminations rituelles des investisseurs hypothétiques sur la cherté de l?argent.

Le tour de vis monétaire se justifie par le déséquilibre de la balance commerciale, les risques inflationnistes et la nécessité de rendre des couleurs à la monnaie.

Que la hausse des taux d?intérêt aura un impact sur la charge financière des entreprises du textile-habillement n?est pas discutable. Mais il est moins probant que cette hausse aura un effet dissuasif sur les investissements. A Maurice, la relation entre les flux d?investissements et le loyer de l?argent n?est pas évidente.

Toutefois, on notera que lorsque les taux d?intérêt étaient faibles à Maurice, il y a eu des investissements conséquents dans l?hôtellerie. Mais il est difficile d?y voir une relation de cause à effet.

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