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Maurice milite pour le maintien des préférences à Hong Kong
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Maurice milite pour le maintien des préférences à Hong Kong
Les négociateurs mauriciens souhaitent bien retourner de la réunion ministérielle de l?Organisation mondiale du commerce (OMC) avec des garanties fermes que les marges préférentielles seront maintenues. Les négociations s?annoncent âpres.
La conférence s?est ouverte hier à Hong Kong dans un climat de scepticisme et de protestation. Le directeur général de l?organisation, Pascal Lamy, a d?ailleurs prononcé son discours inaugural sur fond de manifestation de rue.
La délégation mauricienne, dirigée par le ministre des Affaires étrangères et du Commerce international, Madan Dulloo, vise le maintien des préférences commerciales sur les marchés d?exportation.
Le ministre mauricien a déjà soumis un texte en faveur des accès préférentiels pour les produits manufacturiers au ministre pakistanais du Commerce, Humayun Khan, qui agit en tant que facilitateur pour le dossier du Non-Agricultural Market Access.
?Le texte demande à l?OMC de tenir compte de la vulnérabilité des pays comme Maurice. Les préférences sont encore vitales pour nous?, affirme Asad Bhuglah, directeur de la Trade Policy Unit au ministère des Affaires étrangères et du Commerce international.
Maurice s?inquiète pour son textile qui connaît déjà de grosses difficultés avec la fin de l?Accord multifibre (qui garantissait les quotas sur le commerce des vêtements). Pour sauver leur cause, les négociateurs mauriciens vont devoir faire la démonstration que des pays comme la Chine, l?Inde et le Pakistan déstabilisent le marché mondial en mettant en vente des vêtements fabriqués à des coûts subventionnés.
?En réduisant les tarifs douaniers, ces pays auront un plus grand accès aux marchés des pays industrialisés. Cela va rendre nos produits encore moins compétitifs sur le marché international. La Chine produit à un coût qui est 60 % inférieur à nos coûts de production. Même avec un avantage tarifaire de 12 %, nous ne pouvons pas les concurrencer?, soutient Ahmed Parkar, président de la Mauritius Export Processing Zone Association.
<B>Rehausser le niveau de vie des populations</B>
Hong Kong sera inévitablement le théâtre de conflits entre les pays industrialisés et les grands pays en développement tels la Chine, l?Inde et le Brésil. L?agriculture demeure une épine majeure dans les négociations. Les grosses pointures du monde en développement (G20) possèdent des avantages considérables dans la production alimentaire et souhaitent voir disparaître les barrières au commerce agricole (tarifs douaniers élevés, subventions aux fermiers locaux) dans les pays riches.
Ces derniers veulent, en contrepartie, que les grands pays en développement ouvrent davantage leurs marchés aux produits industriels étrangers. Dans la foulé, les pays comme Maurice qui souhaitent bénéficier d?un traitement différencié, risquent d?y laisser des plumes. Une baisse généralisée des barrières au commerce va inévitablement provoquer une érosion des préférences commerciales auxquelles ils ont droit.
En théorie, la conclusion positive des négociations devrait accélérer le processus de la libéralisation commerciale et éventuellement aider les pays pauvres et ceux en développement à rehausser le niveau de vie de leur population. Dans la pratique, toutefois, les conditions d?ouverture des marchés domestiques aux échanges transfrontaliers des marchandises, des services, des capitaux et de la main-d??uvre continuent à poser problème.
<B>La meilleure chance pour le développement</B>
Les économies vulnérables, telle Maurice, vont justement militer pour une plus grande considération à la question du développement, soit un accompagnement destiné à un rehaussement de leurs capacités industrielles. Cela leur permettrait d?augmenter leur production de biens et de services et d?améliorer leurs accès aux marchés réputés difficiles en Europe et en Amérique du Nord notamment.
La réunion de Hong Kong s?inscrit dans le cycle de négociations qui avait démarré à Doha, au Qatar, en 2001. Un calendrier de libéralisation d?une durée de cinq ans y avait été établi. La conférence de Hong Kong est en principe une étape décisive dans la conclusion du cycle de Doha. Toutefois, les attentes ont été considérablement atténuées en raison des intérêts encore trop conflictuels des différentes nations.
Malgré les profondes dissensions et les risques de déraillement des discussions, il existe une forte volonté chez certains pour faire avancer les choses à Hong Kong. ?Certains mettent en garde contre le fait que la réunion ne fasse uniquement qu?un constat de la situation. Ils veulent de vraies négociations?, indique Asad Bhuglah. D?autres, par contre, préfèrent que la réunion ne débouche sur aucun accord plutôt qu?un mauvais accord.
Dans une telle situation, les risques d?échec de la conférence sont bien réels. C?est dans cette optique que Pascal Lamy a fait un appel à plus de flexibilité de la part des uns et des autres. ?Réaffirmer des positions connues depuis longtemps, utiliser la langue des négociateurs, refuser de comprendre les raisons des autres et éviter tout risque ? y compris les risques politiques ? ne nous mènerons nulle part?, met-il en garde.
Il exhorte les négociateurs à prendre certains risques pour ?avoir des règles améliorées, des conditions plus égales, un commerce libre et équitable ? en somme, la meilleure chance pour le développement, élément central du cycle de Doha?.
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