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Les pays pauvres pourraient introduire un virus à l?OMC
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Les pays pauvres pourraient introduire un virus à l?OMC
C?est demain que s?ouvre la grand-messe du commerce mondial à Hong Kong. Quelque 149 pays tenteront de faire avancer le cycle de négociations lancé à Doha en 2001 mais qui n?a, à vrai dire, pas beaucoup progressé depuis.
En fait, les observateurs comme les principaux acteurs de la réunion ministérielle de l?Organisation mondiale du commerce (OMC) sont pessimistes quant aux résultats de cette conférence qui durera du 13 au 18 décembre. L?agenda et les ambitions ont déjà été révisés à la baisse et la réunion de Hong Kong permettra tout au plus de garder une bougie allumée jusqu?en décembre 2006, date à laquelle se termine le cycle de Doha.
Néanmoins, les négociateurs mauriciens restent vigilants. ?C?est quand on croit que rien ne va se passer que tout arrive. L?Uruguay Round a été conclu à Marakech alors qu?on n?y croyait plus. Et à Doha, un nouveau cycle a été lancé, contre toute attente. Parfois, à la dernière minute, les pays développés arrivent à s?entendre et imposent leurs volontés au reste du monde?, commente un des négociateurs commerciaux de Maurice.
Aujourd?hui on assiste encore une fois en préambule à la réunion de Hong Kong à un combat entre les éléphants du commerce mondial : l?Union européenne, les Etats-Unis, et les ténors du G20 ? le groupe des grands pays en développement ? en l?occurrence le Brésil et l?Inde, notamment.
?Le G90 adopte une position radicale?</B>
Pourtant, les pays pauvres et en développement n?entendent pas se contenter d?être l?herbe qu?on écrase quand les éléphants se battent. Au contraire. Il y a fort à parier que le G90 et le groupe Afrique, Caraïbes, Pacifique (ACP), dont Maurice est le porte-parole, jouent les trouble-fêtes.
Tandis que l?Union européenne, les Etats-Unis et le Brésil se disputent ferme sur l?agriculture, le G90 a fait comprendre qu?il ne participera à aucun deal sur le dossier agricole si l?érosion des préférences que cela impliquerait pour certains de ses membres n?est pas prise en compte.
?C?est la première fois que le G90 adopte une position aussi radicale. Cela veut tout dire?, commente un habitué des négociations multilatérales. Face aux menaces d?une érosion des préférences commerciales pour Maurice tant sur les produits agricoles que sur les produits industriels, Maurice aurait tout à gagner d?un échec de la réunion de Hong Kong.
Mais officiellement, ce n?est pas le discours que l?on tient même si le non-dit est implicite. ?Nous ne pouvons pas dire que nous préférons le statu quo car si nos revendications sont prises en considération et que nous obtenons les sauvegardes que nous souhaitons nous serions favorables à un accord?, déclare un des membres de la délégation qui sera à Hong Kong.
Le principal reproche du G90 est que le cycle de Doha, qui devait prendre en considération le développement des pays pauvres, a accouché d?une souris ; on comprend alors que les revendications mauriciennes en termes de traitement spécial et différencié et de la prise en compte de l?érosion des préférences ont peu de chance d?aboutir.
Aussi, même si la délégation mauricienne ne l?admet pas officiellement, l?option pour Maurice et ses alliés est de faire capoter la réunion de Hong Kong. ?Disons que nous avons les moyens d?introduire un virus dans le système pour tout ralentir?, declare un membre de la délégation.
Tout indique effectivement que Maurice et le G90 auront un rôle important à jouer. Le pays est le porte-parole des ACP et fait partie de la troïka dirigeante du G90. Avant même son départ, plusieurs pays et blocs importants avaient sollicité des rencontres avec le chef de la délégation mauricienne, le ministre des Affaires étrangères et du Commerce international, Madun Dulloo. Maurice participera également aux réunions cruciales qui se déroulent dans les green rooms. C?est là que tout se fait et se défait.
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