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« Il est crucial que l?éducation sexuelle commence tôt »

10 décembre 2005, 20:00

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Comment a été effectué le sondage ?

L?étude a débuté en juin 2005 et s?est étalée sur dix semaines. Durex effectue ce sondage annuel depuis neuf ans. L?objectif initial était de faire des recherches pour améliorer les préservatifs. Mais au fil des années, la firme a réalisé que ce type de sondage permet d?effectuer une « monitoring of sexual behaviour ». 644 Mauriciens ont pris part au Durex Global Sex Survey. Il s?agit d?une étude internationale où les gens pouvaient participer sur un site Internet et répondre aux questions concernant leur comportement sexuel. L?Unicorn Trading a chapeauté le suivi de la partie réalisée à Maurice et a compilé un rapport avec les résultats détaillés.

Quelles en sont les principales retombées ?

Il y a plusieurs résultats et constats intéressants qui ont été mis en exergue. Par exemple, une des principales conclusions est que le préservatif demeure le type de protection le plus prisé, surtout parmi les jeunes. Le sondage touchait aussi à des questions sur le comportement sexuel des Mauriciens comme l?éducation sexuelle, la non protection et la fréquence des rapports sexuels ainsi que les moyens pour prévenir les risques de la sexualité non protégée. Je pense que les informations recueillies grâce à ce sondage peuvent être utiles au ministère de la Santé ainsi qu?à des organisations comme PILS ou encore le MAM.

65,53 % des sondés révèlent que le préservatif est le principal mode de contraception, alors que pour 7 % c?est la pilule et 7 % utilisent toujours des méthodes naturelles. Comment interprétez-vous cela ?

En effet, le préservatif est le mode de contraception le plus souvent utilisé. C?est ce qu?indique la jeune génération interrogée lors du sondage. Les raisons avancées par les Mauriciens dans l?étude sont la facilité d?accès, d?utilisation, la sécurité et également le fait qu?il n?y ait pas d?effets secondaires. Il y a d?ailleurs eu beaucoup de recherches et d?améliorations au niveau de la conception des préservatifs. De l?autre côté, on constate une disparité entre ce mode de contraception et les méthodes naturelles. Pourquoi ? Car celles-ci ne sont plus fiables et comportent des éléments de risque. Je pense qu?elles sont appelées à disparaître.

45,6 % disent avoir reçu leur éducation sexuelle à 15 ans ou plus. Est-ce trop tardif ? Faut-il introduire l?éducation sexuelle plus tôt et pourquoi ?

Je pense qu?il est crucial que l?éducation sexuelle commence le plus tôt possible. D?autant plus qu?à Maurice, il y a de fortes valeurs culturelles enracinées dans la société qui empêchent souvent de parler de la sexualité. Évoquer le sujet à l?âge de 15 ans est trop tard car la plupart des jeunes sont actifs plus tôt. Sans une éducation sexuelle appropriée et le support parental, les jeunes ne seront pas aptes à se protéger des risques auxquels ils s?exposent en devenant sexuellement actifs. Dans des pays européens, il y a beaucoup de problèmes associés à la grossesse précoce non désirée. Nous devons agir afin d?éviter de telles situations.

43,1% des sondés ont eu des rapports sexuels non protégés avec un partenaire dont il ignore le passé sexuel, 17,4 % ont eu une grossesse non désirée et 6,9 % ont contracté une maladie sexuellement transmissible. Pensez-vous que les jeunes sont conscients des risques encourus ?

Le chiffre de 43 % est conséquent quand on réalise les risques que les gens prennent lorsqu?ils ne se protègent pas lors des rapports sexuels et n?ont pas connaissance du passé sexuel du partenaire en question. C?est inquiétant d?autant plus que le nombre de contamination au VIH prend l?ascenseur. Je pense que les jeunes ne sont pas assez au courant des dangers encourus. Les Mauriciens se soucient davantage du plaisir autour du sexe et moins de leur santé sexuelle. Je pense que le gouvernement doit prendre des mesures afin de changer les attitudes envers les maladies sexuellement transmissibles, surtout auprès de la jeune génération. Je crois que pour toucher davantage ce groupe, il faut une bonne stratégie de communication. Par exemple, la campagne de sensibilisation de PILS permet de passer un message clair aux jeunes. Mais il faut aussi savoir que pour conscientiser les jeunes, il ne suffit pas de placarder des affiches qui ne sont guère attirantes. Les campagnes doivent avoir un objectif précis et des stratégies fondamentales pour attirer l?attention de la masse. Il faut également faciliter davantage l?accès aux modes de protection.

Pensez-vous que les jeunes ont du mal à parler de sexualité aux aînés ?

Le sujet de la sexualité est toujours tabou à Maurice. Il y a des valeurs culturelles, religieuses ainsi qu?une différence intergénérationnelle entre jeunes et aînés. Si avant, tout ce qui entoure la sexualité n?était même pas envisageable avant le mariage, aujourd?hui cela n?empêche pas la jeune génération de devenir plus active. Et ce pour plusieurs raisons ? ils y sont plus exposés à travers ce qu?ils voient dans les magazines et à la télévision. En voyant des images liées à la sexualité, ils veulent tenter l?expérience. Il y a aussi la pression des pairs et ils sont influencés par ces derniers. 55,1 % ont indiqué avoir des rapports sexuels une fois par semaine. Et lorsqu?ils deviennent actifs, cela se fera sans que les parents ne le sachent. C?est de là que vient le danger. Les jeunes n?ont pas le bon encadrement pour comprendre les dangers de la sexualité et ne sont guère guidés.

Comment avoir une meilleure prévention des risques liés à la sexualité précoce et non protégée?

Je pense que la jeune génération doit disposer des meilleurs outils pour déjouer les facteurs externes conduisant à la sexualité précoce. Il faut également que les autorités, les parents, les ONG changent de regard et de mentalité et soient plus conscients de la réalité afin de prendre des mesures appropriées. D?abord, je pense qu?il faut qu?un comité gouvernemental se penche sur un état des lieux, avec l?aide des organisations, qui sont plus en contact avec la population. Puis, il faudra développer des plans de conscientisation à court et à long terme comme l?introduction de l?éducation sexuelle dans les écoles. 70,65 % des sondés pensent que l?âge d?introduction devrait se faire à 12 ans et 50 % indiquent que le gouvernement doit investir à ce niveau. 30 % des Mauriciens révèlent que la meilleure façon de sensibiliser aux risques de la relation sexuelle non protégée est de distribuer des matériaux pour la formation et l?éducation. Cela contribuerait à la prévention.

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