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Doit-on isoler les maris violents ?
OUI
Indranee Seebun ministre des Droits de la femme
Pourquoi faut-il les séparer temporairement ?
Pour s?attaquer au mal qui menace la famille d?éclatement. Un Family Support Bureau offrira un service de psychothérapie. Il aidera les maris à retrouver leurs repères pour gérer leurs problèmes conjugaux autrement que par la violence.
Les mesures proposées par la loi sur la violence conjugale ne suffisent pas ?
L?expulsion d?un mari de sa maison aux termes de l?Occupation Order n?est pas une solution. La structure que nous proposons est à mi-chemin entre une situation de laisser-faire et une autre où des mesures drastiques sont envisagées
Cette séparation ne risque-t-elle pas de se retourner contre une femme ?
Mon analyse de nombreux cas me permet de conclure que très peu de parents cautionneront des enfants qui gèrent leurs foyers par la violence.
Qui va les séparer ?
Les Family Support Officers.
Pourquoi les victimes sont exclues de la psychothérapie ?
Il n?est pas toujours possible de réunir un mari violent et sa femme. Si la situation le favorise, la femme et l?homme suivront ensemble la psychothérapie.
Une approche qui présente le mari comme la bête noire de la maison n?est-elle pas vouée à l?échec ?
Les comportements préjudiciables à la famille, qu?ils viennent de la femme ou de l?homme, sont condamnables. Des dispositions seront prises pour que les Protection et les Occupation Orders ne soient émis que dans des cas extrêmes. La femme ne doit pas croire qu?elle peut obtenir le départ du mari pour des raisons frivoles.
Quels sont les facteurs qui alimentent la violence conjugale ?
La jalousie, un complexe d?infériorité devant la femme, l?infidélité, l?alcoolisme, la pauvreté, l?ingérence des parents dans la vie de couple de leurs enfants.
Comment peut-on les combattre ?
Les beaux-parents et les belles-filles doivent changer de mentalité. L?ingéren-ce des beaux-parents est autant préjudiciable au couple que leur exclusion. Il faut conférer aux femmes les moyens indispensables à leur émancipation humaine, financière et sociale.
NON
Gilbert Leste
directeur du centre Étoile d?espérance pour femmes alcooliques
Pourquoi ne faut-il pas isoler les maris violents ?
Cette séparation ne peut s?effectuer que s?il n?y a aucun risque de représailles des beaux-parents. Un risque que trente ans dans la police m?interdit d?exclure. Il est hasardeux d?instituer une mesure qui, dès le départ est discriminatoire à l?égard de certaines femmes.
Laissé à lui-même, un mari ne risque-t-il pas de récidiver ?
Le recours à une psychothérapie ne doit pas être une alternative à une peine de prison. Elle doit être obligatoire. Lors-qu?un cas de violence conjugale est rapporté, la police doit mener une enquête jusqu?au bout. Et l?arrêt d?une procédure ne devrait plus se faire sur simple proposition de la victime. La violence conjugale est un phénomène qui se manifeste de multiples manières. Souvent, les femmes qui exigent l?arrêt d?une enquête sont sujettes à des pressions. C?est à la cour de décider si le mari violent doit être sanctionné par de la prison ou suivre une psychothérapie, en étroite collaboration avec des travailleurs sociaux ou des Family Support Officers. Le magistrat doit être informé de son déroulement. La proximité d?une sanction, qui peut surgir à n?importe quel moment, rappelle la gravité du délit et contribuera certainement à la réussite du programme.
Croyez-vous que cette violence puisse être résolue par la répression ?
La répression, bien qu?elle soit préconisée par la loi, n?est pas une solution. La police n?a pas été entraînée pour combattre la violence conjugale par la réhabilitation. Le seul fait d?être présente dans une famille en proie à la violence conjugale, risque de créer plus de problèmes qu?elle n?en résout.
L?idéal serait que des psychothérapeutes spécialisés dans la gestion des conflits familiaux soit attachés à la police. Ils devraient être en première ligne dès qu?un cas est signalé, faire un constat de la situation. Toutes les chances de réconciliation doivent être exploitées. La police ne doit assumer son rôle spécifique que très discrètement. Une intervention directe ne peut s?effectuer que dans des cas d?extrême gravité, où le sujet violent refuse d?entendre raison et met en péril la sécurité de sa femme et de ses enfants.
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