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Au-dessus de la politique
Il y a des limites à ne pas franchir. Par exemple, un gouvernement n?a pas le droit de justifier ses dérives en invoquant l?excuse que son prédécesseur se livrait à des excès semblables. Pourtant, les nouveaux gouvernants ont souvent recours à ce type d?arguments pour se défendre. S?il n?y a pas de rupture avec les pratiques anciennes, on peut penser que les promesses de changement étaient un leurre.
Acculée sur une question de l?opposition, hier au Parlement, sur l?utilisation abusive des locaux du Citizen?s Advice Bureau (CAB), la majorité a choisi l?esquive. Le Premier ministre par intérim n?a rien trouvé de mieux que de rappeler que ?it has been the practice under the previous Government for parliamentary private secretaries and ministers to receive members of the public in the Citizen?s Advice Bureau. The same practice is being maintained.? Rashid Beebeejaun se sert donc du prétexte selon lequel un précédent a été créé par l?ancien gouvernement. On a du mal à croire qu?il a été élu sur une plate-forme qui avait promis le changement.
Quels que soient les partis auxquels appartiennent les politiciens qui ont inauguré la tradition de recevoir leurs mandants dans les bureaux du CAB, cette pratique constitue un abus de pouvoir. Il s?agit là d?une utilisation partisane des ressources publiques. Occuper de l?espace dans un bâtiment de l?Etat pour faire sa promotion politique viole le principe de neutralité dans l?administration publique. D?autant plus que ces infrastructures ne sont ouvertes qu?à un seul courant politique.
Cette confiscation des bâtiments d?Etat à des fins partisanes procède d?une ineptie qui a trop duré. Les ministres de la République continuent à vouloir maintenir un contact hebdomadaire avec la poignée d?activistes et ?roder bout? qui les harcèlent durant toute une législature. Pour respecter cette tradition absurde, des ministres n?hésitent pas à utiliser la logistique de l?Etat.
Certes, les citoyens doivent avoir le droit d?exprimer leurs griefs contre les services publics qui ne sont pas performants, mais il doit exister une structure pour canaliser ces plaintes. Il ne faut pas transformer le ministre en courroie de transmission entre les usagers et les services publics.
Pourtant, le folklore mauricien s?est tellement imprégné de cette tradition que certains ne s?aperçoivent même plus de l?absurdité du système. Dans une lettre à ?l?express? en juillet, la députée Nita Deerpalsing écrit avec désinvolture : ?Indeed there are 3 locations which have been earmarked for the purposes of meeting with the citizens of Constituency Number 18: a) Citizens? Advice Bureau, Quatre-Bornes (Rama was there yesterday), b) Centre communautaire La Source (Xavier was there yesterday) and c) Belle Rose Sports Council (I was there yesterday). Please note that we have adopted this system in order to facilitate the contact between us and the citizens of our constituency?. Elle répondait à une critique de notre journaliste Neeta Persand qui se disait révoltée et choquée par l?utilisation de la salle du conseil d?administration du Mauritius Sports Council par la députée pour recevoir ses mandants.
En effet, la politisation de l?administration n?est pas un phénomène nouveau. Mais il n?est dans l?intérêt de personne de prolonger la situation. Cela peut entraîner des excès. Imaginons qu?un ministre tente un jour d?haranguer une foule de patients dans une salle d?hôpital?
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