Publicité
La réforme du cursus scolaire prend forme
Par
Partager cet article
La réforme du cursus scolaire prend forme
Après des heures de discussions, 31 présentations et la parti-cipation de plus de 150 acteurs du secteur de l?éducation, le grand débat national sur la réforme du programme d?études a pris fin hier après-midi. Mais l?événement n?est que le début d?un processus qui devrait aboutir à une nouvelle approche de l?éducation.
Le rapporteur général, Hiranand Dansinghani, soumettra, lundi, une synthèse des observations, recommandations et conclusions du débat au directeur de cursus au ministère de l?Education, Santosh Mahadeo. ?A partir de là, tout va s?enclencher?, confie le rapporteur général.
Ce dernier a déjà donné des indications sur les grands axes de son rapport. ?Il existe un consensus national sur la nécessité de changer le cursus et nous devons mettre en ?uvre ce changement. Nous sommes condamnés à réformer le système. La qualité du cursus définit la qualité de la scolarité. Le cursus devra être plus pertinent et il doit se traduire en compétences. Il devra mettre l?accent sur les valeurs morales. L?école devra jouer un rôle important dans la formation de la personnalité. Par ailleurs, toute la transaction entre l?enseignement et l?apprentissage doit être revue.?
Le directeur de cursus utilisera ces recommandations pour formuler un rapport détaillé qu?il présentera ensuite au cabinet. Le produit final sera une Structure nationale du cursus. Il a également souligné la nécessité de mobiliser les ressources, et en particulier les ?outils opérationnels?, pour ?traduire les manuels scolaires en expériences?.
Santosh Mahadeo estime en outre que la mise en ?uvre de la réforme dépend davantage de l?aspect humain que de l?aspect financier. ?Ce projet exprimera une vision de l?éducation dans un nouveau contexte. Il va falloir revoir le type de formation qu?on donne aux enseignants. Le dernier budget prévoit des fonds pour l?élaboration de manuels scolaires. La question maintenant est de savoir si on peut mobiliser les ressources humaines pour atteindre les objectifs du nouveau cursus.?
Santosh Mahadeo souligne aussi que, selon les normes internationales, la conception d?un nouveau curriculum prend deux ans. Même si le ministre de l?Education, Dharam Gokhool, a de son côté, révélé que des initiatives ?de qua-lité?, destinées à mettre les enfants davantage à l?aise à l?école, seront prises dès janvier 2006. Un Steering Committee sera peut-être mis sur pied pour ?définir des programmes d?action?.
Lors de l?ultime séance plénière du débat, Hiranand Dansinghani a interrogé l?assistance, composée, entre autres, de techniciens du ministère de l?Education, du Mauritius Institute of Education, du Mauritius Examinations Syndicate, d?enseignants et de syndicalistes sur un sujet pour le moins novateur. ?Accepteriez-vous que 30 % à 40 % des enfants qui participent aux examens du CPE soient évalués de façon interne par leurs enseignants ?? Une question servant à illustrer le fait qu?une évaluation académique ne suffit pas pour déterminer la maturité et les compétences de l?enfant.
Cette séance plénière était l?occasion pour tous les partenaires de partager leurs idées et même de se confronter. Santosh Mahadeo a notamment cherché à savoir si les inspecteurs d?écoles n?auraient pas pu prévoir l?échec des candidats au CPE en dissertation française. Il a évoqué ?l?effondrement? de la relation entre les écoles et les ministères. Ce qui n?a pas plu à un inspecteur qui a déploré ?la pression? exercée par les syndicats.
Un autre inspecteur a dénoncé le fait qu?il n?ait pas été invité à intervenir lors du débat et a même parlé de ?boycott intentionnel pour nous empêcher d?exprimer nos opinions !?
Dharam Gokhool a, de son côté, rappelé que ce débat est ?une première dans l?histoire du pays?. Mais comme, l?avait souligné le vice-Premier ministre et ministre de l?Infrastructure publique, Rashid Beebeejaun la veille, la réforme de l?Education passe inévitablement par un changement de mentalités.
Publicité
Publicité
Les plus récents