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Dagger Killa

25 novembre 2005, 20:00

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La vie n?est pas un long fleuve tranquille. Dagger Killa en sait quelque chose. Le pessimisme ambiant, le déclin des valeurs, l?individualisme, l?exclusion, l?insécurité, le chômage ? tout ce qui gangrène la société mauricienne, est passé à la loupe sur le premier album solo de Dagger Killa. Koz sa.

C?est pour dire et raconter, interpeller et susciter des réactions. Dagger Killa reprend son bâton de pèlerin, cette fois sans ses acolytes d?OSB, pour donner du poids à sa voix. « Li bon travay en grup, mai parfois bizin prend lé temp pou dir ce ki to pensé. To dir cé ki to senti, cé ki inspir twa, » explique le jeune homme.

Dagger Killa ne délaisse pas pour autant le groupe qui lui a permis d?être chanteur. Son sweat-shirt aux couleurs d?OSB, rappelle son attachement. Il n?est pas là pour jouer aux vedettes.

C?est d?ailleurs ce qui frappe d?emblée chez lui. Il est calme, d?une nature simple, presque détachée. Mais ses mots résonnent. Pas question de rester insensible face aux travers de la société. La musique, la sienne, dérivée du ragga et de reggae, n?est pas une musique morte. Elle est même plus vibrante que jamais. Elle est là pour réveiller les consciences. A bas « Babylone », à bas la négativité.

Mais un adepte de la spiritualité, ne tient pas que des discours engagés. Il chante pour prier, pour souhaiter d?autres horizons, d?autres lendemains, des meilleurs pour tous. Dagger Killa chante aussi avec ses frères du « coaltar » : Blakkayo ou Tikkenzo, Master Kool B, ou avec d?autres : Jahrimba, Daddy Mory, Lion Klash ou Sista Wendy. Et l?artiste a la tchatche. Il savoure ses mots que le ragga muffin, parfois le seggae, donnent forme. Il ne fait pas d?extraordinaires prouesses vocales, mais dit son ragga avec la même vitalité qu?il a mise à écrire ses textes.

Dagger Killa a pensé son disque pour un public de connaisseurs, constamment en éveil. Ces morceaux sont des morceaux à pulsion. Ils évoquent des réalités tristes, parfois sombres et mélancoliques. En abordant des sujets d?actualité brûlante, il continue à creuser le sillon dans lequel les Otentikk Street Brothers ont repensé le ragga muffin.

Et le frère issu du « coaltar », qui a fait ses débuts au sein du Boogie Side Gang en 1994, avant de faire du featuring sur le fameux Tchek to life, a fait du chemin. Lui qui travaillait dans le goudron, devenu ambassadeur par excellence de l?underground music, sourit de sa décision de ne faire que de la musique. « Décizion pou fer zis la mizik, ine motivé par succès Tchek to life. Avec OSB, noune envie fer enn la route ensam ek fer avance ragga muffin dan moris ek pou tous bann frer dans l?Océan Indien. » Depuis, il écrit sa success story. « C?est enn long la rout, mais mo pas ti pou réussi si Almighty pa ti éklair mo chémin. Zordi mo enn artis héré pars ki mone senti enn lapel ek mo la, touzour pou Almighty. »

Et le sympathique, le réaliste Dagger Killa, toujours là, pour défendre ses convictions, n?oublie pas de garder une poire pour la soif. Si ses mots chantés hâchent certaines réalités, à la manière d?un poignard, Dagger, de son vrai nom, Pascal Ferdinand, sait que la route n?est pas toujours droite. «Bizin gard enn sab pou défris bann terrain vague. » Et sur cet album sur lequel il rend hommage à ces penseurs qui l?inspirent tant : Malcolm X, Peter Tosh, Kaya ou encore Berger Agathe, Dagger Killa continue à écrire sa légende et de se mettre au service des petits.

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