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Les 125 ans de la Société St-Vincent de Paul

22 novembre 2005, 20:00

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Pour les 150 ans de notre vénérable (mais pas assez vénérée) Société Saint-Vincent de Paul, nous ne disposerons, cette année, semble-t-il que d?un émouvant billet, paru le vendredi 18 novembre 2005, intitulé ?Aimer, Partager, Servir? et signé par le fidèle des fidèles, Eric Nicolas. Que nous annonce-t-il ? Le 6 novembre, la Conférence Saint-Louis célèbre ses 150 ans d?existence par une messe d?action de grâce, en la cathédrale du même nom, messe concélébrée par l?abbé Michaël Durhône et trois confrères de la Réunion et des Seychelles, au cours de laquelle les participants ont eu une pieuse pensée pour ceux qui leur ont transmis le flambeau du commandement nouveau et unique de l?amour fraternel, à la manière de l?aumônier des galériens du roi Louis XIII (celui des Trois Mousquetaires) et de Frédéric Ozanam.

Vingt conférences Saint-Vincent de Paul sont toujours à l??uvre à Maurice, mettant en pratique l?esprit ?vincentien?. Elles recommandent la lecture de l?opuscule de l?incontournable Amédée Nagapen La société Saint-Vincent de Paul à Maurice (1855-1980) ? Les origines. Elles font appel aux bonnes volontés pour reprendre ce flambeau caritatif.

Au-delà de ces 150 ans de gestes fraternels, il y a cette longévité historique qui doit retenir l?attention de tous et des autorités concernées. Il ne faudrait surtout pas que la doyenne de nos O.N.G., 150 ans d?âge and still going strong, ne subisse le sort de notre défunt Cernéen, de nos ébéniers, de notre dodo, de nos innombrables tortues de terre et de mer ?grasses comme des pourceaux?.

En novembre 1980, le bon et serviable Emmanuel Juste consacre au 125e anniversaire de la conférence Saint-Vincent de Paul une pleine page de l?express que nous relirons demain avec plaisir tant elle est riche en rappels historiques et édifiants. Heureuse coïncidence : cette page est déjà intitulée : Aimer, Partager, Servir.

Emmanuel Juste s?adresse à ceux, à nous, qui nous cachons paresseusement, lâchement, derrière le prétexte sempiternel du ?j?ai pas le temps !? Nous n?avons qu?une vie à réussir ou à échouer. Il nous offre en exemple ceux qui, avec une certaine ?mathématique du c?ur?, parviennent à trouver ?le temps de l?altérité par des soustractions d?égoïsmes, des additions de dévouements, des divisions de nous-mêmes?. Il nous invite à devenir des ?jardiniers de la charité? sachant fleurir les hospices, les orphelinats et les taudis. Il nous offre deux gourous : saint Vincent de Paul et Frédéric Ozanam.

Celui-là naît en France en 1581 (à prévoir, l?an prochain, le 425e anniversaire de sa naissance). Il fonde, en 1625, les Prêtres de la Mission, connus comme les lazaristes, dont feront partie Gabriel Igou (celui de la pierre tombale retrouvée à l?emplacement du Hawkers? Palace) mais aussi Jean Baptiste Borthon, Jean Dominique Ariet, Antoine du Puy, François Rabinel, Jean Le Borgne, Grégoire Delfolie, François Contenot, les fondateurs de la chrétienté à Maurice. Saint Vincent de Paul fonde aussi, en 1643, avec l?aide de Louise de Marillac, la congrégation des Filles de la Charité, jadis reconnaissables aux grandes cornettes de leur coiffure. Monsieur Vincent (qui ne se souvient du célèbre film de Maurice Cloche, sur des dialogues de Jean Anouilh, avec l?inoubliable Pierre Fresnay, Lise Delamare, Jean Debucourt, oscar du meilleur film étranger 1948 !) meurt en 1660, après avoir été successivement aumônier de la reine Marguerite de Valois, plus connue sous le nom de la Reine Margot, le confident de Bérulle, l?aumônier général des galères du Roy, le membre du Conseil de Conscience de la régente Anne d?Autriche, un des piliers de la Contre-Réforme en France, le ?grand saint du XVIIe siècle?, le patron des ?uvres charitables (1885).

Frédéric Ozanam (1813-1853) est un représentant achevé d?une nouvelle génération de catholiques français, guidés par le trio Lacordaire, Lamennais, Montalembert. Lyonnais de naissance, il monte à Paris et s?adonne à l?enseignement. Le sort des déshérités le préoccupe. Sur les conseils d?une religieuse des Filles de la Charité, il crée et multiplie les équipes Saint-Vincent de Paul, d?abord à Paris, puis en province et hors de France. Il ajoute à l?aide matérielle, la rencontre personnelle, l?accompagnement, la rupture de l?isolement, la création de liens humains, les échanges et les enrichissements mutuels de part et d?autre. Le militantisme socialiste ne perd pas ses droits pour autant. A la Sorbonne, où il enseigne l?histoire, il pourfend le libéralisme économique. La charité ne suffit pas. Il faut aussi et surtout faire ?uvre de justice.

Les conférences Saint-Vincent de Paul réunissent aujourd?hui 700 000 membres de 112 pays. Nous verrons demain son implantation et son cheminement historique à Maurice.

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