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Catastrophe en vue

15 novembre 2005, 20:00

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Quitte à être accusé d’oiseau de mauvais augure, il est un fait qu’on n’est pas en droit de taire : l’île Maurice court à la catastrophe économique s’il n’y a pas un réel sursaut de la part du gouvernement. Or, le déclic se fait attendre. On ne sent pas dans les discours ni dans les actes de nos dirigeants qu’ils ont compris l’urgence de la situation.

Rama Sithanen a fait son diagnostic et a administré du panadol en urgence. Mais, pour reprendre la formule de James Burty David, il ne sert à rien de donner du panadol à un sidéen. On attend donc toujours le début du traitement de choc. La population a elle, été mise sous l’anesthésie des mesures populaires.

Le gouvernement a fait de la démocratisation de l’économie le leitmotiv de son action économique. On peut être d’accord sur le fait que le produit intérieur brut (PIB), qui est la somme totale de ce que produisent les entrepreneurs du pays, grandira s’il y a davantage d’entrepreneurs dans le “mainstream”.

Mais c’est un programme de longue haleine qui relève de l’ingénierie sociale et économique et qui nécessite des changements en profondeur au niveau de l’administration publique et aussi au niveau de la psychologie des Mauriciens.

La question est : avons-nous le temps d’attendre que cette évolution se fasse ? Quand il y a le feu à la maison, n’est-il pas plus urgent de sauver les meubles que de recruter un architecte pour dessiner de nouveaux plans ?

Percy Mistry (voir interview) ne passe pas par quatre chemins pour le dire : le pays entrera dans une crise économique dans deux ou trois ans si rien n’est fait pour relancer la croissance à des niveaux supérieurs.

Tous les observateurs de l’économie l’on dit : un taux de croissance de moins de 4 % du PIB n’est pas suffisant pour créer des emplois et rétablir les principaux paramètres économiques qui sont dans le rouge. On l’a dit et répété : il faut un taux d’investissement de 30 % pour produire un taux de croissance de 6 % ou plus, seule solution pour résorber le chômage.

A ce chapitre, il est réconfortant de constater que le “Fast Track Committee” piloté par le Premier ministre, Navin Ramgoolam semble vouloir accélérer la concrétisation des grands projets. Mais il est par ailleurs désespérant d’apprendre que Rs 1,6 milliard d’investissement dans les technologies de l’information et de la communication sont bloquées par la bureaucratie…

Les analystes eux continuent à broyer du noir en l’absence de mesures concrètes permettant de jauger le sérieux, la volonté et la capacité du gouvernement à relever les immenses défis qui nous attendent.

Par ailleurs, la menace d’une crise financière se dessine plus nettement. Le marché des changes souffre d’une pénurie aiguë de devises. Les causes structurelles de la pénurie chronique de devises ne sont pas prêtes d’être éliminées.

Au contraire. La semaine prochaine, nous serons fixés sur le quantum de la baisse du prix du sucre et donc, des revenus en devises. Faute de pouvoir doper les exportations ou attirer davantage d’investissements directs étrangers, le déficit de la balance des paiements risque de s’aggraver.

Dans la conjoncture, Ahmed Parkar, le patron de la Mauritius Processing Zone Association, estime qu’on ne pourra échapper à une dépréciation de 30 % de la valeur de la roupie. Une autre façon d’évoquer une dévaluation de la monnaie.

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