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L’UE évoque une baisse inférieure à 39 % du prix du sucre
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L’UE évoque une baisse inférieure à 39 % du prix du sucre
Le compte à rebours tire à sa fin. La semaine prochaine, le pays sera fixé sur le quantum de baisse du prix garanti de notre sucre sur le marché européen. Tout porte à croire que cette réduction serait inférieure aux 39 % proposés jusqu’à ce jour.
Maurice, premier exportateur du sucre des pays d’Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP) vers l’Europe, et porte-parole du groupe, se jette dans la bataille pour un ultime forcing. Le ministre de l’Agro-industrie, Arvin Boolell, prend l’avion pour une mission à l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), au cours de laquelle il rencontre ses homologues italiens et suédois.
Les ministres européens de l’Agriculture se concertent à partir de mercredi pour trouver un accord sur la réforme de leur régime sucrier. La commissaire à l’Agriculture, Mariann Fischer Boel, préconise une baisse de 39 %. Un consensus devrait être dégagé lors de cette réunion.
De sources diplomatiques en provenance de Bruxelles laissent entendre que le quantum de 39 % serait révisé à la baisse de quelques points. Mais la baisse ne tomberait pas sous la barre des 30 %.
Les producteurs de sucre pourraient même gagner une année de plus sur la durée de la mise en pratique de la réforme. Elle passerait de quatre à cinq ans. Chaque pourcentage gagné est synonyme de dizaines de millions de roupies en terme de revenus.
Les négociations et tractations sont en cours pour rallier les Etats-membres réfractaires à la réforme dans sa présente forme, issus d’un groupe de 11. Et cette éventualité de revoir à la baisse s’insère dans cette volonté de trouver un consensus.
Avec 25 Etats-membres et des intérêts nationaux divers à défendre, des concessions sont inévitables. D’ailleurs, la Grande-Bretagne (qui préside le Conseil), et la Commission européenne, cherchent à dégager un consensus avant la réunion de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), prévue à Hongkong
Dans les milieux européens, on relève avec justesse que pour chaque pouce de terrain cédé par la Commission, l’on devra s’attendre à des contreparties. Une réduction inférieure à 39 %, si elle est acquise, serait passible de réexamen. Grâce à cette mesure, la Commission aura la possibilité de réviser, si l’éventualité y est, ledit montant de la baisse.
Néanmoins, les tenants de la ligne dure à la Commission insiste sur la nécessité d’une baisse de 39 % dans le cadre de la réforme de son organisation commune du marché du sucre. Toute réduction inférieure à ce chiffre serait en décalage avec la volonté de réforme exprimée jusqu’ici.
Et cela équivaut à une douche froide pour les ACP qui, la semaine écoulée, ont formellement exprimé leur souhait d’une baisse inférieure à 20 %. “Une baisse nette de 19 % étalée sur huit ans, tout en retenant l’aide au raffinage, serait totalement en ligne avec les engagements de l’Union européenne(UE) avec l’OMC, même si la Commission affirme le contraire”, affirme George Bullen, président du groupe consultatif ACP sur le sucre.
Assemblée significative
Du point de vue du groupe, bien que cette proposition soit loin de l’idéal, elle atteindrait deux objectifs. D’une part, les Etats producteurs seraient tout aussi compétitifs. Et de l’autre, elle compenserait les effets drastiques que sont les pertes d’emplois et toute crise économique, inévitable avec une réforme drastique.
“Les ACP ont fait l’effort nécessaire. Chaque partie est en présence des attentes de l’autre. La bataille se joue désormais sur le montant des mesures d’accompagnement que l’Europe mettra à la disposition des pays ACP”, commente un analyste du dossier à Bruxelles.
Mais de quel fonds l’Europe puisera-t-elle cet argent ? Valeur du jour, l’on nage dans le flou dans la mesure où l’UE n’a toujours pas délibéré de ses perspectives financières 2007-2013.
En sus de cela, en matière de déboursement, les ACP sont appelés à faire face à l’approche administrative européenne, qui, sans nul doute, frustrera davantage les efforts consentis.
C’est dans cette optique que la réunion de l’Assemblée paritaire UE-ACP à Edimbourg, où le pays est représenté par la député de la majorité Neeta Deerpalsing, revêt une importance significative.
Elle servira les desseins de l’eurodéputé Bernard Lehideux, qui, dans un récent rapport de la Commission parlementaire du développement, postule pour des mesures d’accompagnement initial de 80 millions d’euros, soit le double de ce qu’offre la Commission. En ayant à sa cause ses pairs européens et des ACP, il sera en position de force pour faire adopter sa proposition de résolution.
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