Publicité

Tic : créer l?image d?une plateforme Crédible

11 novembre 2005, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

L?heure du blabla est révolue. Maurice doit agir pour ne pas rater le train qu?est l?industrie des technologies de l?information et de la télécommunication. Le gouvernement en est conscient. Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, présentera prochainement un plan d?action pour ce secteur qui est appelé à devenir le cinquième pilier économique du pays. Son conseiller en la matière, Jean Suzanne, a donné un aperçu de la stratégie hier lors d?un forum de la Mauritius IT Industry Association (MITIA) au Domaine Les Pailles.

Le marché de prédilection restera l?externalisation et le back-office. Les entreprises des pays développés délocalisent leurs activités afin de produire à moindre coût. Maurice peut en profiter en s?imposant comme médiateur entre l?Europe et l?Asie. Ces deux blocs ne peuvent communiquer directement mais pour que Maurice s?impose comme l?interprète idéal, il lui faudra manier trois leviers : la crédibilité, la formation et la taille critique.

A ce jour, Maurice est percue en Europe comme une destination touristique mais sa réputation en tant que plateforme des Tic n?en est qu?à ses balbutiements. Un investisseur ou un client choisira d?aller à Dubayy plutôt qu?à Ebène car cela fera plus de bien à l?image de sa société. Pour affirmer sa réputation comme point de convergence technologique, Maurice doit être « flatteur et vendeur », estime Jean Suzanne.

La formation est problématique. Certes il y a un manque de compétences, mais il est également un fait que les instituts de formation pondent des diplomés un peu à l?aveuglette. Jean Suzanne estime qu?il est temps de formater les cours de formation par rapport aux standards qu?exigent les marchés ciblés. L?autre obstacle est plus dur à surmonter : Maurice n?a pas la taille critique nécessaire pour opérer sur des marchés de masse. La cyberîle manque de bras.

« Il est évident qu?il suffirait de ne pas raisonner à l?échelle de Maurice mais de la région. Cela résout la problématique de manière simple», déclare Jean Suzanne. Ainsi, Maurice pourrait se lancer dans la recherche appliquée en faisant venir des chercheurs étrangers. Cela renforcera l?image du pays comme un centre crédible pour les Tic. Ces chercheurs devraient également intégrer le circuit éducatif en donnant des cours qui sont du même niveau que ceux dispensés par leurs institutions à l?étranger. Et en ouvrant ses portes aux professionnels de la région, Maurice devrait se transformer en un bassin du savoir et obtenir la taille critique nécessaire pour être un acteur important dans l?externalisation et le back-office.

Changer de culture

Le taux de pénétration de l?informatique et d?Internet dans les foyers mauriciens est également une préoccupation. A l?heure actuelle, le prix des ordinateurs et le coût de l?accès à Internet ne sont pas accessibles à tous. Si le Premier ministre compte présenter une stratégie pour baisser le prix des PC et de la connectivité, Jean Suzanne conseille aux Mauriciens d?investir l?argent qu?ils économisent grâce au transport gratuit dans l?éducation de leurs enfants.

« La population a une perception abstraite du secteur. Elle a du mal à se projeter dans un domaine qu?elle connaît mal», dit Jean Suzanne. Pour atteindre ses objectifs dans les Tic, le public, le gouvernement et le secteur privé auront à changer de culture.

Les autres intervenants à la conférence de la MITIA sont d?accord : Maurice doit s?activer afin de réaliser son rêve de cyberîle. Au niveau de l?Education, par exemple, il est urgent de résoudre le mismatch entre l?offre des instituts de formation et la demande des sociétés. Il faut éliminer la vision fragmentée de l?industrie.

« L?idéal est que les entreprises nous fassent connaître leurs besoins en compétences afin que nous puissons les satisfaire. Le problème est qu?il faut deux ans pour produire un diplomé et trois un gradué », explique Raj Lutchmeah, Executive Director de la Tertiary Education Commission (TEC).

Rajiv Servansing, secrétaire général adjoint de la Chambre de commerce et d?industrie, estime qu?il faut un changement total de culture couplé à un plan stratégique qui définit clairement les ambitions du pays. Raj Makoond, directeur du Joint Economic Council (JEC), estime que Maurice fait face à de nombreux défis mais qe ceux-ci peuvent être transformés en opportunités.

Alors que les protections tombent, les Tic représentent une voie de secours pour une économie qui étouffe. Maurice, dit-il, doit bouger vers le clustering. Khemraj Mohee a longuement parlé des pespectives de l?e-government. Donald Lim Fat, président de la MITIA, a souligné l?importance de renforcer le marché local.

Cela servira de tremplin pour que les entreprises mauriciennes engagées dans l?informatique (externalisation et back-office exclus) se lancent vers l?exportation. A l?heure actuelle, le marché local est estimé à Rs 2 milliards. Environ 80 % est généré par le secteur public alors que le privé semble peu inclin à investir dans l?informatique. Les exportations des entreprises locales se chiffrent actuellement à Rs 150 millions seulement.

Publicité