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Questions à? François Vellas
du DESS d?économie du tourisme international, Toulouse
● Pensez-vous qu?une île comme Maurice a raison de miser gros sur le tourisme ?
A Maurice, le tourisme est très vulnérable. Pas juste par rapport à la hausse du prix du pétrole. Mais aussi parce que son marché, c?est la zone euro. En 2005 et 2006, la croissance mondiale sera de 4 % ou 5 % alors que celle de la zone euro se situera entre 1,2 % et 1,5 %. Or, Maurice dépend de ces pays et si le choc pétrolier est amorti, le risque sera sérieux.
● Quelle serait la solution ?
Il faudrait améliorer la compétitivité pour obtenir des gains de productivité. Le ratio d?emploi par chambre est très élevé. Il doit diminuer, surtout dans le cas des nouveaux établissements. Il y aura alors des économies et les entreprises seront plus fortes. Donc le tourisme doit créer des emplois plus forts et les prix seront plus compétitifs. Il faudrait mettre les choses à plat.
Mais il y a aussi aujourd?hui beaucoup de touristes qui sont individualistes, qui cherchent le repos mais aussi la découverte. Celle-ci doit être organisée avec des chartes de qualité pour l?environnement, la culture, les aspects sociaux, de façon à ce que le tourisme mauricien se maintienne toujours en haut.
● L?ouverture de l?accès aérien est-elle une bonne chose ?
Il y a une question fondamentale dans l?économie insulaire : qui doit commencer, le secteur hôtelier ou les compagnies aériennes ? A Maurice, il y a eu un développement des deux depuis 25 ans. Air Mauritius s?est développé, de même que les capacités hôtelières. Maurice est une destination phare qui a doublé ses chiffres.
L?ouverture de l?accès aérien est inévitable et elle est en train d?être réalisée. Il y a des compagnies aériennes qui vont utiliser certains droits. Mais l?ouverture donne aussi des possibilités, avec le hub. Air Mauritius voulait desservir plusieurs capitales européennes mais avec cinq ou six avions, c?est impossible. Elle devrait utiliser quelques-uns des hubs en Europe et, pourquoi pas, sur d?autres continents, en Asie, au Moyen-Orient. L?ouverture de l?accès aérien donne donc la possibilité de développer d?autres stratégies.
● Comment le tourisme peut-il contribuer à réduire la pauvreté dans les petites économies insulaires ?
Il y a des études qui ont été effectuées, notamment par l?Organisation mondiale du tourisme, avec à la clé, la recommandation de bonnes pratiques qui peuvent avoir des résultats immédiats sur les économies insulaires. Les exemples sont nombreux, mais prenons le cas de l?artisanat. On peut utiliser le savoir-faire traditionnel et le transformer avec le concours de stylistes pour arriver à un type de produit qui conviendra aux touristes qui viennent régulièrement.
Le produit traditionnel se vend moins cher mais si l?on est inventif, ce produit peut être transformé. Les populations pauvres peuvent être les fournisseurs des produits de base.
Un autre exemple concerne les entreprises de travailleurs handicapés. Les grands hôtels peuvent passer des accords avec ces entreprises pour la fourniture de tous leurs produits d?accueil. Bref, il faudrait une multitude de micro-actions étendues à d?autres domaines comme la pêche. Le tout avec le concours tripartite du gouvernement, d?associations internationales et de secteurs professionnels.
Propos recueillis par Thierry CHATEAU
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