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Ambassadeur de la cuisine mauricienne
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Ambassadeur de la cuisine mauricienne
Tout est parti d?un bateau. Adolescent gaillard en quête d?aventure, cheveux aux vents, regard pétillant, il a pris le large. Le Bel Étoile l?a emmené en Europe, en Arabie Saoudite, en Iraq, au Japon, en Chine, en Australie? Mais le navire l?a aussi propulsé dans la marmite.
Aujourd?hui, il oscille entre sucré et salé, taillade et sculpte fruits et légumes, les fait blanchir ou revenir pour se marier à la bonne chair, macérée, assaisonnée à souhait et ajustée à une sauce onctueuse et veloutée qui ne peut qu?éveiller les papilles gustatives.
La gastronomie est devenue son inspiration, sa muse, sa vie. Elle lui a d?ailleurs valu de nombreuses consécrations. Cheveux poivre et sel, coupés et tirés en queue de cheval, ton enjoué, Christian Poupinel de Valence a de l?allure. Dans ses yeux, se lit la force de toute une détermination. D?un battant enclin à tout apprendre. À savourer la vie à pleines dents.
<B>Dans les méandres de la gastronomie française</B>
Originaire de Beau-Bassin, Christian Poupinel de Valence grandit au sein d?une famille nombreuse à Mon-Loisir. Aux côtés d?une dizaine de frères, une s?ur partie à Kuala Lumpur, une mère dévouée, Henriette, et un père, responsable de propriété sucrière, il vit des moments heureux. Maternelle, primaire et lycée glissent lentement sur son enfance, graduellement balayée par la musique. Avec des amis, il se nourrit à la pop-music des Beatles, des Shadows, d?Elvis et gratte un peu sur une guitare. Et joue au sein d?un orchestre au passage, The Marvels.
Puis à 16 ans, il monte à bord du Bel Étoile et vogue vers l?étranger. Mais ce n?est guère pour s?amuser à bord de la croisière mais pour y travailler. « J?avais été employé comme Trainee Purser. Ma tâche consistait à seconder le chef de cuisine et à décider des menus pour les officiers.
Ce n?était pas trop difficile. Je me suis intégré rapidement. On côtoyait beaucoup de monde et on essayait de réaliser des plats conformes aux habitudes de l?équipage. J?ai beaucoup appris sur le bateau. Avec le chef, on apportait des modifications aux recettes, on expérimentait », déclare-t-il.
À son retour, il a 19 ans. Les parents émigrent en Australie. Christian y séjourne puis met le cap sur la France sur invitation d?un ami. Celui-ci est restaurateur à Grenoble. Avec lui, il se jette dans les méandres de la gastronomie française, apprend la base et analyse les recettes. Cela dure deux ans et demi. Puis, il se rend à Roanne, dans le sud-est et continue son apprentissage de la cuisine traditionnelle. Il met aussi la main à la pâte. B?uf bourguignon, coquilles St-Jacques : Christian Poupinel de Valence les mijote à souhait.
Puis, il arrive au pays du kangourou. Destination : Melbourne. Il travaille au sein d?un restaurant, le Londonner, une table d?hôte. Puis intègre un autre, le Jackson, où il prend les rênes pendant quelques années. Ensuite, il se rend au Queensland où il est employé au Kooralbyl, un grand resort. À cette époque, il évolue rapidement dans ce domaine, forme les employés des restaurants de l?hôtel.
Il réussit aussi un beau tour de force en distillant à son talent culinaire, ses racines mauriciennes. Ainsi avec un autre restaurant, le Banana, il introduit des plats typiques : salade d?ourite, curry de poulet, poisson poché? Le tout à la mauricienne. L?idée de cette cuisine exotique séduit. Cela l?emmène sans cahots sur les chemins du succès. Et ce n?est que le début?
<B>Faire foisonner la créativité</B>
Christian Poupinel de Valence sillonne les grands hôtels, travaille au Gold Coast à Surfers Paradise, quartier côtoyé par les grandes vedettes, pendant plusieurs années. Puis, revient à son premier poste au Londonner et au Jackson, avant de se diriger vers un autre resort où il assume la direction de trois restaurants et d?une pâtisserie pendant trois ans.
Après être retourné au Gold Coast, il décide de fonder deux restaurants. Influences parisiennes? Il lance Paris Match et C?est Paris où il concote une modernisation de la gastronomie française, agrémentée d?une touche mauricienne.
« La cuisine connaissait une bonne évolution et il y avait beaucoup de mélanges africains. J?essayais d?innover avec la présentation, la forme des assiettes et le goût. À partir de là, j?ai aussi commencé à participer à des concours culinaires mondiaux », confie-t-il. Après avoir vendu les deux restaurants, il fonde le Kairo Kafé, cité en janvier 1997, dans le Good Food Guide. Puis en l?an 2000, il participe à un concours qu?il remporte.
Deux ans plus tard, il décroche le Gold Coast Gourmet Award en concoctant des roulades de poisson, une galette de chouchou et brède de chine, un chatini coco et une sauce à base de tamarin. Une année plus tard, il est sacré pour la meilleure entrée et aussi meilleur chef du Gold Coast avec un plat à base d?arouille, un achard de mangues et une sauce spéciale. Son secret ? C?est son énergie débordante pour faire foisonner la créativité. Effectuant un petit détour à Maurice, il a participé au Festival des Épices qui se tenait au Sri Lanka du 8 au 16 octobre dernier, où quatorze chefs d?Inde, de Singapour, de Malaisie, et de France étaient présents.
Les idées fourmillent dans la tête du chef. Un nouveau restaurant ou un nouveau défi dans la gastronomie peut-être. Le choix n?est pas encore fixé. De son temps libre, Christian Poupinel de Valence se gave de musique, se prélasse sur les plages avant de faire quelques brasses. Appel de la mer. Celle qui lui rappelle la muse qui a façonné son destin.
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