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Une histoire de religions et d?ethnies

5 novembre 2005, 20:00

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Le Mauricien est très religieux, on le sait. Il le dit d?ailleurs quand il en a l?occasion, notamment lors des recensements de la population.

Lors du dernier exercice de 2000, seules 9 105 personnes ont déclaré appartenir à la catégorie « other et non-stated. » Toutes les autres disent suivre les préceptes d?une religion. Et il y en a. Ainsi rien que parmi les hindous, on dénombre pas moins de six classifications. Allant du « Hindi Hindu » au Telegu Hindu en passant par le Other Hindu. Sans oublier la catégorie assez énigmatique de « Vedic ». Parmi les chrétiens on se définit également par rapport à son appartenance à telle église ou alors encore comme des « other christians ».

Seuls les bouddhistes et les musulmans se définissent comme deux blocs monolithiques. En ordre d?importance, ce sont donc les hindous qui sont les plus nombreux avec 585 210 personnes déclarant pratiquer cette religion, suivent les chrétiens (369 197) et les musulmans avec 196 240 personnes.

Ces chiffres servent à calculer le montant des subventions que l?État verse aux différentes religions dans le pays.

Plus les religionnaires sont nombreux, plus les « grants » annuels accordés par le gouvernement sont conséquents.

L?appartenance religieuse, ou plutôt ethnique, des Mauriciens sert aussi autrement. Jusqu?en 1972, le nombre de personnes composant chaque « communauté » de l?île était également compilé. Ainsi en 1972, sur une population de 850 968, le pays comptait 428 345 « hindous », 137 171 « musulmans », 24 373 « Sino-Mauriciens » et 261 079 « population générale ».

La classification alors utilisée était quelque peu généraliste. Alors que les appellations « hindou » et « musulman » correspondaient à une réalité religieuse. Les catégories « Sino-Mauriciens » et « population générale » paraissent moins définissables. Cette dernière est de loin la classification la plus « fourre-tout ». Tout ceux qui n?étaient ni hindous, musulmans ou Sino-Mauriciens étaient donc de la « population générale ».

Cette classification confuse des ethnies à Maurice est toujours utilisée car elle a été institutionnalisée par la Constitution elle-même.

Celle-ci utilise en effet cette classification et les rapports de force entre ethnies datant de 1972 pour la désignation des « Best Losers » lors des élections générales.

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