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Une cérémonie en l?honneur des immigrants chinois
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Une cérémonie en l?honneur des immigrants chinois
Une empreinte de pied s?insère sur le logo de l?Aapravasi Ghat Trust Fund. Un pas symbolique. ?Un pas qui est plus important peut-être que celui laissé par le premier homme sur la lune?, déclarait hier Reza Issack, lord-maire de Port-Louis lors de la cérémonie en mémoire des immigrants chinois, organisée par Hua Lien. Il se réfère sans conteste, au pas ?géant? de l?immigration.
C?est dans une ambiance de Chine rouge que le ministre de la Jeunesse et des Sports, Sylvio Tang a procédé hier, au rituel. Dépôt de bâtonnets d?encens sur le monument érigé à côté du rond-point du Caudan Waterfront. Vin, fruits et fleurs s?ensuivent. Comme pour apaiser les souffrances des Chinois. Comme pour souffler sur certaines cicatrices laissées par l?immigration imposée des Chinois.
?Vous serez surpris de savoir qu?en 1760, un escadron français organisa un raid à Sumatra et captura 100 familles chinoises pour les forcer à travailler dans les champs de l?Ile de France?, commence le professeur Edouard Lim Fat. Après une lutte acharnée, ces familles ont pu être rapatriées dans leur pays. Après une seconde tentative sous la houlette britannique cette fois, le problème se manifeste à nouveau. C?est après 1829 que les immigrants chinois sont renvoyés chez eux.
?Mais cette fois, le gouverneur Farquhar, proposa de régulariser les conditions de vie des immigrants chinois et il leur permit de préserver leur culture et traditions chinoises?? Plongé dans sa lecture, Sir Edouard Lim Fat saisit l?occasion de relater combien les immigrants chinois ont souffert et comment ils s?en sont sortis. Et de rendre hommage au porte-parole ou au dit, ?capitaine? des immigrants, Hayme. C?est lui qui permet aux Chinois de Guangdong, Fujian et de Malaisie d?entrer au pays en totale liberté. En 1901, le chiffre atteint les 3 500 immigrants. Tandis qu?après la Seconde Guerre mondiale, le nombre monte en flèche. On décompte 20 000 Chinois en 1955.
Enfin, il faudra attendre que Maurice obtienne son indépendance pour que la population chinoise établie à Maurice puisse respirer. C?est cet événement qui a fait naître l?Export Processing Zone, comme le soutient le professeur Edouard Lim Fat.
Intervenant à son tour, Reza Issack s?est lancé dans une formidable oraison à la mémoire des immigrants, ?hommes brisés, coupés de leurs parents?, parvenus dans un pays inconnu contre leur gré. ?Ils ont irrigué cette terre de leur sueur et de leurs peines? pour en faire ce qu?elles sont aujourd?hui. Eux, ?qui ont beaucoup fait pour nous?? Mémorable époque.
Le ministre des Art et de la Culture était aussi présent à cet événement incontournable et historique. Il s?est cantonné à un discours protocolaire. Ce qui n?est pas le cas du directeur de l?Aapravasi Ghat Trust Fund, Prem Mahadeo. Il retraçait, lui, tout le déracinement et le déchirement de ce peuple chinois, qui en perdait même leurs valeurs et leurs cultures.
?Nous vivons dans un monde où partout, les peuples veulent renouer des liens solides avec leur passé. L?identité de chaque peuple est en constant devenir??, énonçait-il, le timbre de sa voix soudaine plus grave. Pour que la reconnaissance ne se perde pas, il faudrait cultiver encore plus nos valeurs et nous y attacher. Touchant discours qui a su gagner l?attention de l?assemblée.
La cérémonie s?est clôturée par les immanquables pétarades qui témoignent de toute la culture chinoise universellement appréciée.
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