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Et de cinq pour le conservatoire Frédéric Chopin

31 octobre 2005, 00:00

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Nous pénétrons son intimité et le silence ordonne de baisser d’un ton. L’envolée de douceur saisit les mélomanes. Karen, jeune étudiante au conservatoire Frédéric Chopin donne le do. Elle est au piano, seule au monde, à la découverte de l’univers de la musique classique. Au loin, Dean Nookadu patiente. Il se livre à nous pour nous conter les cinq années d’existence du conservatoire.

Le départ à deux était plus qu’un simple défi. Outre le fait qu’il fallait prouver que le conservatoire Frédéric Chopin allait briser les barrières, il fallait aussi s’assurer que les 12 élèves tirent le meilleur des cours dispensés.

L’exigence et le respect des techniques traditionnelles étaient les objectifs des deux directeurs du conservatoire : Dean Nookadu et la Russe Lilia Poustovoytova. “Quand nous avons débuté en 1999, nous voulions créer un espace où les enfants auraient la chance d’avoir une technique adéquate pour développer leur potentiel musical. Notre objectif n’a pas changé. Ce que nous voulons, c’est donner la chance aux musiciens qui veulent faire carrière.”

Cinq ans et 200 élèves après, Dean Nookadu est fier d’avoir atteint son but. Plusieurs de ses élèves brillent, à l’instar d’Olivier David, lauréat du Grand Concours de Piano de Paris, diplômé de l’université d’Oklahoma aux Etats-Unis et qui poursuit sa maîtrise à ce jour.

Le conservatoire Frédéric Chopin se fait discret. “Faire de la publicité n’est pas notre intérêt premier. Le plus important est de recruter un nombre restreint d’élèves et d’adapter notre programme en fonction de la capacité de l’enfant.” La touche diffère. Intimité préservée afin de produire des musiciens de qualité.

L’inaccessible à la portée des enfants</B>

Pour fêter ces cinq années, le président du conservatoire, Désiré N’Kaoua, donnait vendredi une représentation de piano. D’ailleurs, deux nouveaux enseignants prendront la baguette du professorat. Floria Brand, talentueuse altiste et Guy Crochet, à la guitare flamenco, tous deux venus de France.

L’idée est d’insuffler un nouveau souffle dans le répertoire de choix des élèves. Mettre l’inaccessible à la portée des enfants. C’est lors des sessions dites “Classes d’éveil” que les enseignants se rendent compte de l’engouement des jeunes de six ans. A peine goûtent-ils au monde de la musique qu’ils veulent toucher à toutes les cordes, piano, guitare, violon et flûte, entre autres.

Paradoxe d’opinions. Des 200 élèves, Dean Nookadu affirme que tous ont du talent. Vous lui direz que le travail ne débouche pas toujours sur le talent. Piqué à vif, il rétorque d’une traite : “Le travail fait toute la différence. Un talent sans travail, cela n’existe pas.” L’esprit n’est jamais mitigé dans les couloirs étroits du conservatoire.

L’appellation “conservatoire” signifie pour lui, cajoler et jouer entre les cordes traditionnelles des grands. Que l’on soit jeune, l’important est d’acquérir une technique digne d’un musicien. Un trop de discipline ? Pas nécessairement. Une rigueur, certes, et une vigueur. Désiré N’Kaoua aurait des origines venant de Dubussy. “Si nous suivons la lignée, il nous lègue en quelque sorte, la tradition et la technique. Un héritage que nous transmettons au fil des années à nos élèves.”

Jeunesse aux grandes ambitions</B>

Pour l’autodidacte passé enseignant, le message est clair. Il existe bien une barrière entre le conservatoire Frédéric Chopin et “les autres”. La tentation était trop forte aussi. A cette question ; “Avons-nous oui ou non un orchestre digne de professionnalisme chez nous ?” La réponse se renferme dans un semblant de retenue.

Dean Nookadu se demande surtout s’il existe un toujours un public pour la musique classique. L’idée de mettre sur pied un orchestre est alléchante, mais surtout, cela demande énormément de travail et de dévouement.

C’est à travers la musique que les 11 enseignants inculquent aux élèves le méthodique apprentissage de la musique. “Le développement de son intelligence aussi. Ce n’est pas une question d’être doué ou pas. Ce qu’il faut, c’est du travail.”

Les deux nouveaux enseignants débuteront très bientôt à donner des cours. En 2004, une seconde antenne à Mapou a permis aux élèves du nord de suivre des cours. L’avenir s’annonce brillante pour cette école de musiciens. Il est certain que les couloirs du conservatoire Frédéric Chopin sont déjà musquée d’une jeunesse aux grandes ambitions…

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