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Sucre : GM et opposition font bloc à Bruxelles

31 octobre 2005, 00:00

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Le lobbying sucrier de Maurice à Bruxelles prend plusieurs formes. C?est au tour des parlementaires des deux côtés de la Chambre d?y apporter leur contribution. Une délégation conduite par le speaker de l?Assemblée nationale Kailash Purryag et comprenant les députés de la majorité ? Nita Deerpalsingh, Dhanraj Boodhoo et Richard Duval ? et ceux de l?opposition, à savoir Nando Bodha et Rajesh Bhagwan, était à Bruxelles la semaine dernière.

Leur mission était de prêter main-forte aux ministres, diplomates et autres négociateurs mauriciens qui tentent de convaincre les instances européennes de ne pas aller de l?avant avec le projet de réforme du régime sucrier dans sa forme actuelle.

L?Union européenne (UE) étudie en ce moment une proposition pour réduire de moins de 39 % le prix garanti aux producteurs du groupe Afrique, Pacifique et Caraïbes (ACP) sous le Protocole sucre sur une période de deux ans.

?Nous avons expliqué à tous nos interlocuteurs l?importance que représentent les exportations sucrières dans le maintien de la stabilité économique, sociale et politique du pays. La réforme proposée par la Commission européenne aura des effets dévastateurs sur l?économie du pays et laissera des séquelles sociales très graves. (?) Cela est contraire à la volonté de l?UE de combattre la pauvreté et de promouvoir le développement dans le monde?, souligne Kailash Purryag lors d?une conférence de presse qu?il a animée samedi dernier au lunch room de l?Assemblée nationale.

Maurice et ses partenaires ACP militent en faveur d?une réforme qui leur soit juste et équitable mais qui tient aussi compte des engagements de l?UE envers l?Organisation mondiale du commerce (OMC).

L?Europe est, en effet, sous le coup d?une directive de l?OMC pour réduire ses exportations sucrières annuelles sur le marché mondial de 19 millions de tonnes à 14 millions de tonnes.

<B>Mesures d?accompagnement</B>

Afin de décourager les planteurs à continuer à produire, l?UE est contrainte de faire baisser les prix. En conséquence, le prix payé aux ACP est révisé à la baisse.

Le speaker affirme que la délégation qu?il dirigeait a su démontrer qu?il ne faut pas mélanger ces deux aspects de la réforme. ?Il y a certes un jugement du Panel de l?OMC contre le régime sucrier européen, mais à aucun moment il est mentionné qu?il faut réduire le prix payé aux ACP de 39 %?, fait-il ressortir. Il soutient d?autre part qu?il y a encore beaucoup de divergences très profondes au sein de l?UE sur les formules de réforme.

Les ACP souhaitent un taux de réduction moins sévère que les 39 % proposés ainsi qu?une durée plus longue pour appliquer les changements. La question de mesures d?accompagnement (pour permettre aux ACP de faire face aux conséquences de la réforme) est également au c?ur de l?action de lobbying. Maurice et ses partenaires s?insurgent contre le fait qu?aucune offre sérieuse à cet effet n?ait été formulée jusqu?ici.

La délégation mauricienne a expliqué durant ces différentes interactions à Bruxelles qu?une éventuelle baisse de prix découlant de la réforme profitera davantage aux multinationales (fabricants de boissons, de chocolat?) qu?aux consommateurs européens. Elle a souvent fait référence à la réforme du régime commercial de bananes qui n?a jamais pu faire chuter les prix du produit sur le marché.

Les membres du Parlement ont également attiré l?attention de leurs interlocuteurs sur les efforts déployés par le pays pour réformer son activité sucre. Ils ont fait comprendre que le processus avait était envisagé bien avant que le projet de réforme ne soit rendu public.

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