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De la BCCI à la FCB

30 octobre 2005, 00:00

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Le monde feutré et discret des institutions bancaires mauriciennes a connu, depuis les années 90, certaines turbulences, dont une bonne partie liée aux prédécesseurs de l?actuelle First City Bank (FCB).

Au départ, il y avait la Bank of Commerce & Credit International (BCCI), d?origine pakistanaise et incorporée en Suisse. Occupant une part marginale du marché mauricien, la filiale mauricienne de la BCCI devait connaître un véritable tsunami financier quand, en 1990, les autorités américaines mirent au jour un réseau de blanchiment de narcodollars dans le monde entier opérant à partir de la BCCI. Les États-Unis demandent alors la fermeture des filiales de la BCCI à travers le monde et la filiale mauricienne, avec des dépôts totaux de Rs 600 millions, doit trouver un nouvel acquéreur.

Août 1991 : l?offre du Kenyan Ketan Somaia est retenue par les autorités mauriciennes, et l?ex-BCCI devient la Delphis Bank, avec un capital souscrit de Rs 25 millions. La Delphis démarre ses activités en septembre.

Ketan Somaia est dans la tourmente au Kenya : dès novembre 1991, les autorités de ce pays font état d?une enquête sur la provenance de certains investissements du n° 1 de la Delphis. Il est également accusé d?être lié à l?assassinat de David Ouko, ancien ministre de Daniel Arap Moi et pourfendeur de Somaia. Accusations que réfute le n° 1 de la Delphis dans la presse mauricienne. Il réfute également des liens avec le pouvoir mauricien.

En juin 1993, le Parlement mauricien s?agite autour de Ketan Somaia, une interpellation du député de l?opposition d?alors, Razack Peeroo, faisant état de possibles liens avec le blanchiment de narcodollars des fonds de Samaia provenant du Panama. Rama Sithanen, alors ministre des Finances, affirme que la Banque de Maurice s?est assuré que tel n?est pas le cas. Les échanges portent également sur un dépôt de Rs 200 millions du Fonds national de pension (NPF) à la Delphis. Un mois plus tard, en juillet 1993, la Banque d?Angleterre enquête officiellement sur Somaia et la Delphis Bank à la suite d?un rapport d?audit sur un scandale de détournement de devises au Kenya.

À la même période, Rama Sithanen assure que l?Union Bank, présente à Maurice depuis 1987, respecte le Banking Act, même si elle passe par des moments agités.

Le 4 mai 1996 : la Banque de Maurice ordonne la fermeture de l?Union Bank, après la découverte d?une fraude de Rs 200 millions. La banque avait, à cette date, des dépôts de Rs 1 milliard.

Novembre 1996 : la Delphis rachète l?Union Bank et bénéficie d?un emprunt de Rs 250 millions à un taux préférentiel (3 %) de la Banque de Maurice. Cette décision de Dan Maraye, alors gouverneur de la Banque centrale, provoque des vagues au Parlement. Les anciennes succursales de l?Union Bank rouvrent sous leurs nouvelles couleurs le 20 janvier 1997.

Juin 1999 : l?entrée en Bourse de la Delphis est imminente, mais un rapport parlementaire kenyan vient tout bouleverser. Somaia est accusé de fraudes massives au Kenya et un mandat d?arrêt international est lancé contre lui. La bourse mauricienne suspend les procédures de listing de la Delphis.

Autre coup dur pour Ketan Somaia : en novembre 1999, il est condamné à payer Rs 55 millions à une entreprise du Kenya pour rupture de contrat.

29 décembre 1999 : les actions de la Delphis sont cotées en Bourse, même si des interpellations parlementaires permettent de mettre à jour le fait que plusieurs des dirigeants de la Delphis sont domiciliés au Panama et dans d?autres paradis fiscaux.

16 mai 2001 : la Banque de Maurice obtient la démission de Ketan Somaia du conseil d?administration de la Delphis à la suite de la découverte de certaines irrégularités autour, entre autres, d?un prêt de Rs 200 millions, consenti sans respecter la législation. Le couperet tombe le 8 mars 2002 : la banking licence de la Delphis est révoquée.

Un appel d?offres international est lancé et le Mauricien Harry Sookun remporte la mise, grâce à un soutien du précédent gouvernement, qui implique la Banque de développement (DBM) et la SIC dans le montage financier. La First City Bank voit ainsi le jour. Comme Somaia avant lui, Sookun a des problèmes avec les procédures mises en place et tente souvent de s?ingérer dans la gestion courante de la FCB.

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