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La Syrie se dit prête à recevoir des enquêteurs de l'Onu

23 octobre 2005, 20:00

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La Syrie a déclaré samedi qu'elle pourrait à nouveau autoriser des membres de la commission de l'Onu à interroger des responsables du régime, tout en démentant n'avoir pas pleinement collaboré avec les enquêteurs sur la mort de Rafic Hariri. Le rapport d'enquête de l'Onu, remis jeudi au Conseil de sécurité, pointe du doigt la responsabilité du cercle rapproché du président syrien Bachar al Assad et de ses alliés au Liban dans l'attentat qui a coûté la vie à l'ancien Premier ministre libanais, le 14 février dernier à Beyrouth.

“Si la commission en fait la demande, nous en discuterons avec elle et nous pourrions donner notre accord”, a déclaré Riad al Daoudi, haut fonctionnaire du ministère de l'Intérieur. “Tout ce qui dans le rapport évoque une non-coopération (de Damas) n'a aucun fondement véridique. Nous avons pleinement collaboré”, a ajouté Daoudi, répétant que le rapport était politique.

Daoudi dirigeait la délégation syrienne lors de la venue du chef de la commission d'enquête de l'Onu, l'Allemand Detlev Mehlis, et il avait assisté à plusieurs interrogatoires de dirigeants syriens.

Selon lui, la Syrie a passé un accord tacite avec Mehlis pour l'autoriser à procéder à de nouveaux entretiens. “L'un des enquêteurs m'a dit qu'ils pourraient avoir envie de revenir en Syrie (...) et je lui ai dit qu'ils seraient les bienvenus”, a-t-il poursuivi.

Daoudi, qui a laissé entendre que Washington profiterait de ce rapport pour pousser le Conseil de sécurité à prendre des sanctions contre Damas, a déclaré que la coopération future de la Syrie avec la communauté internationale dépendrait de la tournure des événements. “Nous coopérerons mais nous verrons quelles seront les limites de cette coopération”, a-t-il dit.

Daoudi a par ailleurs démenti les informations selon lesquelles le ministre des Affaires étrangères, Farouk al Chara, et son bras droit, Oualid al Moualem, auraient tenté d'induire les enquêteurs en erreur. “La Syrie regrette que le rapport repose sur des déclarations de personnalités libanaises connues pour leur animosité envers la Syrie et qu'il donne à leurs témoignages une crédibilité totale alors qu'il ignore les témoignages de responsables syriens, qui ont même été déformés”, a-t-il ajouté. D'après lui, le rapport est "fondé sur des préjugés" et il ne repose sur “aucune preuve”.

Souleïmane al KHALIDI

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